15 octobre 2009
L'univers de Carmen et de la musique tzigane
Cette saison, l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières souligne l’Halloween avec la présentation d’une soirée dédiée à la musique tzigane et à son icône la célèbre Carmen de Bizet. Intitulé L’univers de Carmen, ce grand concert sera présenté le samedi 31 octobre 2009 à 20 h à la salle J.-Antonio-Thompson.
Par son sens de la fête et la virtuosité de ses violonistes, la musique tzigane a inspiré les plus illustres compositeurs, notamment Ravel, Strauss et Bizet, dont la fougueuse Carmen en est la parfaite incarnation. Pierre Simard, l’un des chefs d’orchestre le plus en vue de sa génération, dirigera un programme mettant en lumière la violoniste Natalia Kononova, musicienne de l’OSTR, dans une sublime création d’Anne Lauber.
Programme
L’univers de Carmen
Série Grands concerts
Samedi 31 octobre 2009 à 20 h à la salle J.-Anthonio-Thompson
Orchestre symphonique de Trois-Rivières
Pierre Simard, chef d’orchestre
Natalia Kononova, violon
Johann Strauss (fils) Le Baron tzigane: ouverture
Anne Lauber Concerto pour violon no 2 (création mondiale)
Johannes Brahms Danses hongroises no 5 et no 6
Georges Bizet Carmen: suite no 1 et suite no 2 (extraits)
Maurice Ravel Tzigane, Rhapsodie de concert pour violon et orchestre
Franz Liszt Rhapsodie hongroise no 2 (arr. de Müller-Berghaus)
Causerie Hydro-Québec animée par Louise Hamel à 19 h 30 au foyer Gilles-Beaudoin.
Réservations
Billetterie :
819 380-9797 ou 1 866 416-9797
www.ovation.qc.ca
Billets à partir de (taxes et frais de service en sus):
10,11 $ (étudiant)
16,84 $ (18 à 34 ans)
33,67 $ (régulier)
Les mélomanes peuvent de plus profiter d’avantages et de rabais additionnels (70 %, 50 %, 15 % et 10 %) en consultant le site Internet de l’OSTR (sous la rubrique promotions) ou s’abonnant à l’un des forfaits offerts.
Notes biographiques
Pierre Simard, chef d’orchestre
Pierre Simard est directeur artistique du Vancouver Island Symphony et de l’Orchestre symphonique de Drummondville. Sa carrière de chef d’orchestre et de compositeur-arrangeur l’amène à se produire en Belgique, en France, en Ukraine, aux Îles Maurice et de la Réunion, aux États-Unis et partout au Canada. Il a récemment complété une fructueuse association avec le Calgary Philharmonic Orchestra, à titre de chef associé.
À la fois passionné, fougueux et élégant, il communique avec un enthousiasme contagieux son amour de la musique. Sa personnalité chaleureuse, son charisme exceptionnel et sa connaissance approfondie du répertoire lui valent de nombreux éloges de la presse, du monde musical et du grand public.
Chef invité avec de prestigieux ensembles nord-américains, il dirige notamment les orchestres de Milwaukee, Toronto, Ottawa, Victoria, Okanagan et Hamilton. Au Québec, il est invité aux pupitres des Violons du Roy et de l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal.
Récipiendaire de nombreux prix, Pierre Simard a notamment reçu le Prix Jean-Marie-Beaudet en direction d’orchestre du Conseil des Arts du Canada et deux prix Opus du Conseil québécois de la musique. Il est également boursier du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec, de la Fondation du maire de Montréal et de ville de Laval.
Défenseur convaincu de la musique nouvelle et des grandes œuvres du répertoire, Pierre Simard se consacre à réinventer le concert symphonique, en lui insufflant fantaisie et humour. Sa créativité et son engagement auprès du jeune public l’amènent à concevoir des spectacles symphoniques originaux qui connaissent un vif succès au Canada et aux États-Unis.
Détenteur d’une maîtrise en direction d’orchestre du Peabody Institute de la Johns Hopkins University et de cinq prix du Conservatoire de musique de Montréal, Pierre Simard a étudié avec Raffi Armenian, Frederik Prausnitz et JoAnn Falletta.
Natalia Kononova, violon
Née à Saint-Petersbourg en Russie, Natalia Kononova est une violoniste remarquable, qui a remporté de nombreuses compétitions tout au long de sa carrière. Elle a joué avec des ensembles les plus renommés de son pays natal en plus de travailler avec des musiciens réputés, tels que Sir Georg Solti, Sir Yehudi Menuhin, Gidon Kremer, Yuri Temirkanov, Michel Plasson et, plus près de nous, avec Angèle Dubeau, Jacques Lacombe et Yuli Turovski.
Elle se produit à titre soliste et de chambriste en France, en Suisse, au Mexique, au Guatemala, en Chine, au Royaume-Uni, au Japon, aux États-Unis et au Canada.
De 1991 à 1993, elle a occupé le poste de violon solo associée de l’Orchestre de la Chapelle de Saint-Petersbourg. En 1994, elle devient membre de l’Orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg, un ensemble de réputation internationale, avec lequel elle a pris part à des tournées internationales.
Au Canada depuis 2000, Natalia Kononova a joué avec l’Orchestre de chambre I Musici de Montréal, l'Orchestre symphonique de Drummondville et avec le Trio Rachmaninov de Montréal. En 2004, elle joint l’ensemble Angèle Dubeau et La Pieta, en tant qu’assistante-violon solo et, en 2006, elle remporte le poste prestigieux de violon solo de l'Orchestre symphonique de Drummondville.
Aujourd’hui citoyenne canadienne, Natalia Kononova est une violoniste exceptionnelle et l’un des plus brillants prodiges du violon nous venant de la Russie, un pays avec une longue tradition d’excellence dans le domaine des instrumentistes à cordes.
Notes analytiques par Claire-Émilie Calvert
Johann Strauss fils (1825-1899) Le Baron tzigane: ouverture (1885)
Après avoir fait de la valse une mode incontournable à la cour de Vienne, Strauss est devenu un habitué du succès public. Son opérette Le Baron tzigane a été l’un de ses derniers grands triomphes, avec quatre-vingts représentations consécutives. Le Baron tzigane suit la tradition de l’opérette viennoise, c’est-à-dire qu’il enchaîne les valses, mazurkas, polkas et czardas, au grand bonheur du public de l’époque et d’aujourd’hui. L’intrigue est tirée de Saffi, un roman de l’auteur hongrois Mor Jokai, et elle présente une histoire remplie de rebondissements romanesques. Campée dans une province de Hongrie qui vient de se sortir de l’occupation turque pour la domination autrichienne, l’histoire du Baron tzigane en est une d’exil, de trésor caché, d’amour impossible, de guerre et de victoire. On retrouve dans l’Ouverture tout l’éclat et la légèreté de Strauss qui sait traduire avec brio la gaîté viennoise.
Anne Lauber (née en 1943), Concerto pour violon no 2 (création mondiale)
Violoniste et pianiste de formation, Anne Lauber est née à Zurich et elle a étudié au Conservatoire de Lausanne. Arrivée à Montréal en 1967, elle obtient sa nationalité canadienne en 1972. Des cours privés avec André Prévost la mènent à l'Université de Montréal, où elle continue son apprentissage avec le compositeur, de même qu’avec Serge Garant. Elle y acquiert son doctorat en musique (option composition) en 1986. Anne Lauber est récipiendaire de nombreuses subventions du Conseil des Arts du Canada et du Ministère des Affaires culturelles du Québec. Sa musique est jouée partout à travers le monde et elle reçoit les commandes d’orchestres et d’interprètes de renom. Pédagogue, elle a enseigné à l'Université de Montréal, à l'Université Concordia, à l'Université du Québec à Montréal et à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Elle est co-fondatrice du groupe Les Mélodistes indépendants, membre de la Ligue canadienne de compositeurs et compositrice agréée du Centre de musique canadienne, dont elle a aussi été présidente de la section montréalaise (1987). Selon le Centre de musique canadienne, « pour Anne Lauber, la musique est un langage universel et immuable dans le temps. Par conséquent, sans couper avec les traditions au niveau des formes et de l’harmonisation, elle utilise diverses techniques d’écritures pourvu que ce soit au service de l’idée musicale. Le but visé : la clarté d’expression et la communication. »
Johannes Brahms (1833-1897) Danses hongroises no 5 et no 6 (1869-1880)
D’abord composées pour piano à quatre mains, les Danses hongroises ont été publiées en deux parties soit en 1869 (no 1-10) et en 1880 (no 11-21). Brahms y présente des mélodies folkloriques magyar et gitanes, dans un souci esthétique et non ethnologique. Les thèmes sont arrangés avec l’élégance et le génie du compositeur qui en fait de petits bijoux aux multiples facettes. Plusieurs compositeurs ont par la suite orchestré les Danses hongroises, dont Antonin Dvorak et Martin Schmeling. Ce dernier a arrangé les célèbres Danses no 5 et no 6 dans une instrumentation riche et colorée. La Danse no 5 est une mélodie depuis longtemps associée à Brahms, entendue à de nombreuses reprises dans les films, la publicité et même les dessins animés. La Danse no 6 débute par un thème évoquant la nonchalance tsigane interrompue par des élans festifs aux accents syncopés. Après un intermède plus emphatique, le premier thème revient, libéré de sa nonchalance et redoublant d’allégresse dans une finale explosive.
Georges Bizet (1838-1875) Carmen: suite no 1 et suite no 2 (1875)
C’est suite à la mort prématurée de Bizet - survenue trente jours après la première de Carmen à l’Opéra Comique de Paris - que son éditeur Ernest Guiraud a choisi de publier des suites orchestrales présentant des moments clefs de l’opéra, qui connaîtra finalement le succès après un début sur scène entouré de controverse. Chaque suite comprend six numéros : la première suite présente des préludes et des entractes, tandis que la deuxième suite met de l’avant les airs qui ont fait de Carmen l’opéra français le plus joué à travers le monde. Même sans le support du livret, tiré de la nouvelle de Prosper Mérimée (1847), les mélodies de Bizet transmettent tout l’exotisme des personnages et le drame des amours de Don José et de sa fascinante bohémienne.
Maurice Ravel (1875-1937) Tzigane, Rhapsodie de concert pour violon et orchestre (1922-1924)
Tzigane a été commandée et créée par la violoniste hongroise Jelly Aranyi, petite nièce de Joseph Joachim, réputée pour sa virtuosité tant dans le répertoire classique que dans le répertoire tsigane. La création de l’œuvre a lieu en 1924; d’abord avec accompagnement de piano, puis dans une version orchestrée par Ravel lui-même, avec les Concerts Colonne sous la direction de Gabriel Pierné. L’œuvre commence par une longue cadence laissant une impression d’improvisation. On y entend le motif qui servira de matériel principal pour la seconde section : une quinte descendante sur un rythme pointé. Une cadence de harpe vient clore la première section qui s’enchaîne avec la seconde, exploitant pratiquement toutes les possibilités techniques du violon. Des pizzicatos de la main droite et de la main gauche jusqu’aux harmoniques, en passant par les doubles cordes et les trilles, la virtuosité n’a d’égale que l’inventivité mélodique, harmonique et orchestrale de Ravel.
Franz Liszt (1811-1886) Rhapsodie hongroise no 2 (arr. de Müller-Berghaus)
En 1839, Liszt visite la Hongrie, qui essaie à cette époque de se sortir de la domination autrichienne. Accueilli en héros national, il parcourt son pays d’origine qu’il a quitté depuis plusieurs années. Dans les rues de la Hongrie, Liszt entend des musiciens tsiganes; leur virtuosité naturelle et la liberté formelle de leur musique provoquent son admiration et excitent sa fibre nationaliste. Il ressent la nécessité de s’inscrire dans ce qu’il croit alors être le folklore de sa patrie, au grand dam du peuple Magyar pour qui la musique des nomades n’a rien en commun avec la musique hongroise… Ce faux pas n’empêchera pas Liszt d’intégrer la musique tsigane à son langage ; il compose dix-neuf rhapsodies hongroises. La rhapsodie, ou « chant du poète » chez les Grecs, donne une impression d’improvisation qui s’articule autour d’idées musicales très nettes, inspirées par les formes des danses tsiganes. En effet, une première section assez lente (lassu) précède une deuxième section beaucoup plus animée (friska). Suite à son voyage, Liszt a composé dix volumes de pièces pour piano inspirées de mélodies tsiganes et a continué de s’entourer de l’aura de mystère des nomades hongrois.
Prochain concert : Rêves d’hiver
Samedi 12 décembre 2009 à 20 h
Salle J.-Anthonio-Thompson
Les premiers flocons tombent sur la ville. Sa blancheur immaculée devient une toile d’où jaillissent rêveries et souvenirs des hivers et des Noëls d’autrefois. Jacques Lacombe accueille la basse Jean-Marc Sigmen, le pianiste Simon Larivière et le chœur d’enfants de l’école Val-Marie dans ce concert bercé par de majestueuses pages issues des répertoires traditionnels et signées des maîtres Tchaïkovski, Rimski-Korsakov et Schubert, dont sera donné Le Voyage d’Hiver, son chef-d’œuvre absolu.
Pour toute information additionnelle, contactez l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières au (819) 373-5340. Consultez également le site Internet de l’OSTR au www.ostr.ca.
L’OSTR reçoit l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts du Canada, de la Ville de Trois-Rivières et de Patrimoine canadien.
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