Giuseppe Verdi (1813-1901)
Verdi s’est imposé comme le géant de l’art lyrique du XIXe siècle. Ses préoccupations morales, politiques et esthétiques correspondaient aux plus profondes aspirations de ses contemporains italiens. Échelonnée sur 60 ans, l’œuvre de Verdi traverse l’ambiance aristocratique de la Lombardie jusqu’à l’invention du cinéma et du disque. Créée à Saint-Petersbourg en 1867 et reprise avec éclat à la Scala de Milan deux ans plus tard, l’Ouverture de la Force du destin, est l’une des pages musicales qui contribuera le plus à la gloire de Verdi. La Force du destin est une véritable tragédie du devoir filial, de l’honneur bafoué et de la vengeance dévastatrice. Toute la puissance dramatique de l’œuvre provient de l’agencement et des contrastes entre les différents motifs, des variations de rythme, de mélodie et d’orchestration, ainsi que de l’opposition des tonalités mineures et majeures. C’est en fait une musique empressée de dire la souffrance et la joie, d’exprimer le tourment et la plaisanterie.
Denis Gougeon (né en 1951)
Denis Gougeon a plus de 80 œuvres à son catalogue qui couvre tous les genres musicaux. Le Nouvel Ensemble Moderne, la Société de musique contemporaine du Québec, l’Orchestre métropolitain, l’Orchestre symphonique de Montréal, le Quatuor Érato de Bâle, le New Music Festival et les Percussions de Strasbourg comptent parmi les principaux commanditaires et interprètes de ses œuvres. Chef de file de sa génération, Denis Gougeon est parmi les rares compositeurs à se dévouer entièrement à la composition. Il s’est, par ailleurs, vu décerner de nombreux prix au fil de sa carrière. La musique de Gougeon est perçue à la fois comme étant accessible, dynamique et mélodique. Rythmes audacieux, couleurs vives et passages d’atmosphères quasi mythiques décrivent bien À l’aventure!, une histoire épique, qui de l’aveu même du compositeur, aurait subi l’influence la grande épopée d’Homère…
Maurice Ravel (1875 - 1937)
Déjà dans la jeune vingtaine, Ravel publie des œuvres qui deviendront marquantes, à travers lesquelles s’affirme un style dont l’humour particulier et une certaine agressivité laissent parfois le public décontenancé. Ce n’est qu’en 1917 que Ravel achève la composition du Tombeau de Couperin, au moment où, au cœur de la Première Guerre mondiale, sa santé le force à quitter l’armée. D’abord écrite sous la forme d’une suite pour piano, cette œuvre comprend six pièces, chacune dédiée à un ami mort au front. En 1920, le compositeur donne une forme orchestrale au Tombeau en ne conservant que quatre parties : Prélude, Forlane, Menuet et Rigaudon. Avec cette œuvre, Ravel s’inscrit dans la tradition des « tombeaux » mais, au-delà de la mémoire du seul Couperin, c’est à la musique française du XVIIIe siècle dans son ensemble qu’il veut rendre hommage. Il réussit ici une brillante synthèse qui nous révèle ce que les formes classiques peuvent contenir de moderne.
Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893)
Formé au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, Tchaïkovski fait partie de la première génération des compositeurs russes. Contemporain du Groupe des Cinq, Tchaïkovski a développé un style différent, s’inspirant largement de la musique créée ailleurs en Europe et utilisant des thèmes liés à la culture occidentale. Tchaïkovski apparaît comme un véritable romantique russe, dont la sensibilité et la sincérité s’expriment remarquablement dans la Cinquième Symphonie, qui est tout entière marquée par le fatum. Dans des notes au sujet de cette œuvre, le compositeur parle « de la soumission totale devant le destin ou, ce qui est pareil, devant la prédestination inéluctable de la providence ». Construite sur une sorte de dialogue lancinant entre la voix de la lumière et de la consolation, et celle du désespoir et du doute, la symphonie nous donne un aperçu du paysage intérieur de Tchaïkovski. L’œuvre s’achève sur une « victoire » de la foi, bien que, chez le compositeur, l’angoisse demeure sous-jacente.