Modest Moussorgski (1839 – 1881)
Compositeur russe membre du Groupe des Cinq, Moussorgski est essentiellement connu pour ses œuvres vocales et dramatiques, son répertoire pour orchestre ne compte, pour ainsi dire, que
Intermezzo in modo classico,
Les Tableaux d’une Exposition (écrit pour piano et orchestrée par Ravel) et la
Nuit sur le Mont chauve. Cette dernière œuvre, inspirée par la pièce La Sorcière de Mengden, ne fut pourtant publiée qu’en 1968. Ainsi, pendant un siècle la version orchestrée par Nikolai Rimski-Korsakov fut la seule connue et interprétée, notamment lors de l’Exposition universelle de Paris en 1889. Souvent contesté pour certaines déloyautés envers l’œuvre originale, il n’en demeure pas moins que Rimski-Korsakov, l’un des plus grands orchestrateurs de toute l’histoire de la musique, a insufflé à
La nuit sur le Mont chauve une douceur inédite, particulièrement dans l’épilogue.
Jonh Estacio (né en 1966)
Jeune compositeur canadien, John Estacio fut nommé, dès sa formation achevée, au poste de compositeur en résidence de l’Orchestre symphonique d’Edmonton. Il a également composé pour maints orchestres, dont ceux de Vancouver, de Montréal, de Toronto et de la CBC Radio. De nombreux prix témoignent de son parcours exceptionnel, dont le
Jan V. Matejcek Concert Music Award décerné par la SOCAN au compositeur dont les œuvres ont été les plus largement diffusées. La pièce au programme ce soir,
Bootlegger’s Tarantella, ouvre l’opéra
Filumena écrit entre 2001 et 2003 sur un livret de John Murell. Cet opéra est inspiré du funeste destin de Filumena Lassandro, une jeune Italienne immigrée au Canada au tournant du 20e siècle que l’implication dans la contrebande et les amours malheureuses menèrent à la potence.
Franz Liszt (1811 – 1886)
Consacré pianiste virtuose dès l’âge de neuf ans, Liszt fut considéré comme le plus grand pianiste de son époque, on lui doit d’ailleurs la paternité du récital de piano. Compositeur d’égal génie, Liszt a écrit pour piano, puis pour orchestre dès 1842. Son répertoire empreint de romantisme regroupe des symphonies, de nombreux poèmes symphoniques et des concertos pour piano et orchestre, dont le
Totentanz. Variation sur le thème grégorien du
Dies irae, dont la présence obsédante devient ici une allégorie de la mort et du jugement dernier. Selon toute vraisemblance, cette « Danse macabre » aurait été inspirée à Liszt par les gravures sur bois de Holbein. Pièce de bravoure pour soliste, les effets du
Totentanz reposent sur l’unique virtuosité de ce dernier. Cette œuvre, dédiée à Hans von Bülow, fut créée en 1865 à La Haye.
Edvard Grieg (1843 – 1907)
Pianiste, chef d’orchestre et compositeur, Grieg n’a eu de cesse de défendre la musique et l’art de sa Norvège natale, que ce soit par la création du groupe Euterpe ou de l’Académie Norvégienne de musique. En ce sens, le répertoire orchestral de cet harmoniste virtuose, dont l’influence est palpable chez Debussy et Ravel, s’inscrit sous le sceau de la culture populaire norvégienne dont il s’est inspiré pour la sublimer, la première suite de Peer Gynt en est d’ailleurs la preuve éloquente. En 1874, Grieg accepte d’écrire la musique de scène de
Peer Gynt du dramaturge Ibsen, une œuvre qui, incidemment, assurera sa célébrité internationale. Ce drame fantastique issu du folklore norvégien met en scène
Peer Gynt, un aventurier à l’esprit fantasque et veule. Grieg composa vingt-trois pièces pour la musique de scène originale, il en tira quatre pour former la première suite pour orchestre (1888) : « Au matin », « Mort d’Ase », « Danse d’Anitra » et le célèbre « Dans le hall du roi des montagnes ». Une deuxième suite pour orchestre suivra en 1891.
Charles Gounod (1818 – 1893)
Compositeur français, Gounod est réputé pour ses opéras et ses œuvres majeures de musique sacrée. Fidèle à la tradition française, sa veine mélodique préfère la clarté à l’exubérance, la discrétion et la pureté aux effets faciles. Si, pénétré d’un profond sentiment mystique à la fin de sa vie, il se consacra à la musique religieuse et écrira plusieurs oratorios et d’innombrables motets et cantiques, l’essentiel de sa carrière fut consacrée aux œuvres lyriques. Après avoir été accueillies triomphalement, trois œuvres établissent définitivement la réputation de Gounod, soit
Mireille (1864),
Roméo et Juliette (1867), ainsi que
Faust (1859), l'un des ouvrages lyriques les plus joués au monde. Dix ans après sa création au Théâtre-Lyrique, cet opéra en cinq actes inspiré du mythique
Faust de Goethe fit son entrée à l’Opéra de Paris où la tradition exigeait que toute œuvre lyrique soit entrecoupée d’un ballet. À l’instar de Wagner et Verdi, Gounod s’y soumit et présenta
Faust : Musique de ballet le 3 mars 1869.
Camille Saint-Saëns (1835 – 1921)
Jeune pianiste prodige, organiste et compositeur, Saint-Saëns a su exercer une influence considérable sur la musique française et susciter l’admiration des plus grands musiciens de son époque, dont Berlioz et Liszt et Ravel. Perfectionniste de la forme et compositeur rompu à la science de l’orchestre, on lui doit d’importants ouvrages de musique symphonique et concertante, en plus œuvres lyriques intemporelles, pensons à
Samson et Dalila. Voyageur infatigable à la curiosité insatiable, il s’est intéressé à toutes les formes d’arts, de sciences et de genres musicaux. En ce sens, Saint-Saëns a composé de la musique de chambre (dont il fut un précurseur), des oeuvres chorales et religieuses, ainsi que quatre poèmes symphoniques, dont la
Danse macabre. Créée en 1875 à Paris, cette œuvre s’inspire d’un poème de Jean Lahor. Peu après sa création, Franz Liszt ébloui en fit une version pour piano.