Concert hors-série
L'OSTR reçoit l'Orchestre du Centre national des arts
Samedi 18 novembre 2006
à 20 h
Au même titre que Montréal, Chicoutimi et Québec, la ville de Trois-Rivières accueillera la tournée québécoise de l’Orchestre du Centre national des Arts. Le renommé chef d’orchestre et violoniste Pinchas Zukerman, y dirigera la
Troisième Symphonie du compositeur trifluvien Jacques Hétu, la
Deuxième Symphonie de Brahms, ainsi que le
Troisième Concerto pour violon de Mozart, pour lequel il agira également à titre de soliste, une opportunité inouïe d’entendre l’un des meilleurs violonistes de la scène internationale. Par sa grande luminosité et son lyrisme, ce programme saura ravir les mélomanes impatients d’entendre pour la première fois à Trois-Rivières cet orchestre multipliant les éloges autant au pays qu’à l’étranger.
Par ailleurs, les Petits Chanteurs de Trois-Rivières, sous la direction de l’abbé Claude Thompson, assureront la prestation d’avant-concert présentée au foyer de la salle J.-Antonio-Thompson dès 19 h.
Pinchas Zukerman, chef d'orchestre et violoniste
Notes biographiques
Pinchas Zukerman
Chef d'orchestre et violoniste

Pinchas Zukerman est reconnu depuis quarante ans comme un véritable phénomène de la musique. Son génie musical et sa technique prodigieuse émerveillent depuis longtemps critiques et auditoires et l’exceptionnelle rigueur de sa démarche artistique continue de lui attirer les plus grands éloges. Pinchas Zukerman est renommé aussi bien comme violoniste qu’en qualité d’altiste, chef d’orchestre, professeur et chambriste. Sa discographie comprend plus d’une centaine d’enregistrements qui lui ont valu 21 nominations et deux prix Grammy.
Parmi les prochains engagements de maestro Zukerman pour la saison 2006 2007, signalons des prestations comme concertiste avec l’Orchestre philharmonique de New York et l’Orchestre symphonique de Chicago, ainsi que des concerts à titre de chef avec les orchestres symphoniques de Pittsburgh, Seattle, Madison et Phoenix. Il célébrera par ailleurs le 70e anniversaire de l’Orchestre philharmonique d’Israël lors d’un concert-gala avec Zubin Mehta. Il se produira également en récital aux États-Unis, en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Suède avec un collaborateur de longue date, Marc Neikrug.
Depuis qu’il a été nommé directeur musical de l’Orchestre du Centre national des Arts en 1998, M. Zukerman s’intéresse à pratiquement tous les aspects de la vie artistique d’Ottawa, tout en poursuivant sa carrière internationale. Il a effectué cinq enregistrements avec l’Orchestre et a participé à plusieurs concerts retransmis sur les chaînes nationales de radio et de télévision.
En 1999, il a mis sur pied le Programme des jeunes artistes du CNA, désormais intégré à l’Institut estival de musique du CNA (IEM) qui comprend également le Programme de direction d’orchestre, fondé en 2001, et le Programme des jeunes compositeurs, créé en 2003. En 2006, l’IEM a réuni plus de 80 musiciens de talent sélectionnés par voie d’audition au Canada et dans le monde entier pour étudier auprès d’un corps professoral de calibre international dirigé par M. Zukerman. La plupart des étudiants ont pu participer au programme grâce à des bourses complètes financées par des donateurs particuliers et des entreprises partenaires, distribuées par la Fiducie nationale pour la jeunesse et l’éducation du CNA.
Depuis que Pinchas Zukerman est en poste, le CNA a renoué avec son engagement de présenter régulièrement des tournées nationales et internationales et ces tournées comportent désormais un important volet éducatif. Il a dirigé avec un énorme succès des tournées au Canada (en 1999, 2002, 2004 et 2005) et les tournées qu’il a effectuées avec l’Orchestre au Moyen Orient et en Europe (en 2000) et aux États Unis et au Mexique (en 2003) ont reçu un accueil enthousiaste de la part de la critique. Ces tournées étaient doublées d’activités de rayonnement sans précédent et de séances innovatrices sur Internet que l’on a pu suivre sur le site Web du CNA à l’adresse www.nac-cna.ca. La tournée en Alberta et en Saskatchewan, en novembre 2005, a comporté plus de 95 activités éducatives. Les deux prochaines tournées de l’Orchestre, toujours sous la direction de Pinchas Zukerman, auront lieu au Québec (2006) et en Asie (2007).
Pinchas Zukerman joue souvent de la musique de chambre et il s’est produit dans le monde entier aux côtés d’amis et de collègues qui sont aussi d’éminents musiciens, notamment Daniel Barenboïm, Vladimir Ashkenazy, Itzhak Perlman, Ralph Kirshbaum, le Quatuor à cordes Tokyo, le Trio Kalichstein-Laredo-Robinson, Marc Neikrug et la regrettée Jacqueline du Pré.
Il dirige maintenant l’Ensemble de chambre Zukerman, un orchestre à cordes regroupant de talentueux musiciens, en majorité membres de l’Orchestre du CNA, qui est apparu, en 2003 et en 2004, dans de prestigieux festivals d’été européens et nord-américains. Après une fructueuse tournée estivale 2005 qui l’a amené à se produire aux festivals de Ravinia, d’Aspen, de Tanglewood et de Santa Fé ainsi qu’en Allemagne, en France, en Espagne et à Istanbul, l’ensemble a effectué une tournée aux États Unis en 2006 et a gravé, la même année, un premier disque. En 2006-2007, il fait ses débuts à New York, au Y de la 92e Rue, dans une série de trois concerts aux côtés d’autres artistes invités.
Né à Tel-Aviv en 1948, Pinchas Zukerman a étudié la musique avec Ilona Feher avant d’aller poursuivre sa formation aux États-Unis, en 1962, grâce à l’appui d’Isaac Stern, de Pablo Casals, de la Fondation culturelle Amérique-Israël et de la Fondation Helena Rubinstein. Il s’est inscrit à l'École Juilliard, dans la classe d'Ivan Galamian, et en 1967, il a obtenu le premier prix au vingt-cinquième Concours international Leventritt.
Le maestro Zukerman a reçu de la Fondation culturelle Amérique-Israël le prix du Roi Salomon en 1983, et le président Reagan lui a remis la Médaille des arts pour son leadership dans le monde de la musique. En octobre 2002, il est devenu le premier lauréat du prix Isaac Stern pour l’excellence artistique, attribué à l’occasion du National Arts Awards Gala présenté à New York.
Notes analytiques
WOLFGANG AMADEUS MOZART (1719-1787)
À dix-neuf ans, Mozart passa la majeure partie de l'année 1775 au service du comte Colloredo, archevêque de Salzbourg. C'est à cette époque qu'il écrivit, en l'espace de six mois, quatre de ses cinq concertos pour violon authentiques. On ne sait pas si Mozart les écrivit dans le but de les interpréter lui-même comme soliste, mais il est certain qu'il les joua tous à un moment ou à un autre. Par leur style, ces œuvres s'inscrivent dans la grande tradition du violon italien, dans la lignée de Tartini, Geminiani, Nardini et Boccherini. La musique est imprégnée de toutes les qualités du style galant - grâce, élégance, charme et douceur. Achevé le 12 septembre 1775, tout juste trois mois après le second, le troisième concerto de la série n'en constitue pas moins un pas de géant par rapport aux joliesses purement rococo des deux premiers.
JACQUES HÉTU (né à Trois-Rivières en 1938)
L'œuvre de Jacques Hétu se distingue par une constance dans l'excellence qui n'est donnée qu'à un très petit nombre de créateurs, toutes disciplines artistiques confondues. Sa production s'échelonne sur presque cinq décennies et approche maintenant quatre-vingt numéros d'opus. Il écrit actuellement un concerto pour alto pour Nicolo Eugelmi. La Symphonie no 3 lui a été commandée par le réseau anglais de la Société Radio-Canada et a été créée à Vancouver le 21 septembre 1971, par l'Orchestre de chambre de la SRC de Vancouver, sous la baguette de John Avison. L'instrumentation est conçue pour un orchestre de la période classique, regroupant les bois et cors par deux, une trompette, les timbales et les cordes. Le compositeur situe lui-même cette symphonie dans la " troisième période " de sa production (1969-1971), qui se caractérise par un discours musical dense et concis. Le lyrisme et une grande rigueur formelle sont aussi des qualités qui dominent sa production musicale de cette période.
JOHANNES BRAHMS (1833 - 1897)
Après l'austère majesté de la Première symphonie, l'idyllique et pastorale Symphonie no 2 en ré majeur avec sa profusion de mélodies faciles à chanter, exerça une grande séduction sur le public. Alors que Brahms avait planché pendant quinze ans sur sa Première symphonie, il ne mit que trois mois à écrire la Seconde. En raison de son aspect pastoral, beaucoup d'auditeurs sont naturellement portés à faire le rapprochement avec la Sixième symphonie de Beethoven, laquelle, comme la Seconde de Brahms, a donné suite à une symphonie héroïque, sévère et sombre en do mineur. La première fut donnée par l'Orchestre philharmonique de Vienne, sous la direction de Hans Richter, le 30 décembre 1877. Dès que les premières notes se font entendre, on est immédiatement plongé dans le climat doux et apaisant de l'œuvre. Ainsi que le fait remarquer Steven Ledbetter, l'auteur des notes de programme de l'Orchestre symphonique de Boston, " le miracle de cette symphonie est qu'elle donne une telle impression d'aisance et d'immédiateté tout en se révélant, en fin de compte, d'une conception si élaborée " - un cas patent d'art masqué par son art.
Par Robert Markow