Mikhaïl Ivanovitch Glinka (1804 – 1857)
Glinka étudia le violon, le piano et chant avant de travailler l’écriture musicale avec Siegfried Dehn à Berlin. De la Russie à l’Italie, la carrière de Glinka s’est déployée sur l’ensemble du continent européen, il fut par ailleurs le premier Russe joué à Paris. Ses voyages influencèrent son œuvre, nous pouvons y apprécier le métissage des musiques traditionnelles italiennes, espagnoles et russes. Chez Glinka, cette savante utilisation du folklore jumelée à sa maîtrise de l’art de l’instrumentation relèvent de la science et suscitèrent l’admiration de Berlioz. En ce domaine, aussi bien qu’au plan de l’art vocal et dramatique, Glinka eut une influence déterminante sur l’ensemble de l’école russe du 19
e siècle. Outre une abondante quantité d’œuvres de musique de chambre, de pièces pour piano et de mélodies ainsi que quelques œuvres symphoniques, nous retenons ses opéras Une vie pour le tsar et Rousslan et Ludmilla dont nous entendrons ce soir l’irrésistible ouverture. Cette brève ouverture constitue, comme il était fréquent à cette époque, un résumé de l’opéra, dont les trois thèmes sont clairement exposés : dans un premier temps, une présentation du belliqueux Rouslan, puis des forces du mal incarnées par Tchernomor et en finale, l’amour de Rouslan pour Ludmilla.
Henriette Renié (1875 – 1956)
Harpiste, compositrice et pédagogue, Henriette Renié a entièrement dédié son existence à la musique. Esprit libre doté d’une détermination peu commune, Renié a décidé, dès l’âge de cinq ans, qu’elle serait une grande virtuose de la harpe... Enfant prodige, elle remporte à onze ans le prestigieux Premier prix de harpe au Conservatoire de Paris. Celle qui deviendra l’une des harpistes les plus influentes fut de plus une pédagogue dévouée, on compte parmi ses élèves les meilleurs harpistes de cette époque, pensons à Carlos Salzedo, Marcel Grandjany et Mildred Dilling. Ne s’accordant aucun répit malgré une santé chancelante, elle développa même la fameuse
Méthode pour la harpe, une méthode mondialement reconnue et largement utilisée encore de nos jours. Pionnière, elle démontra par sa brillante carrière que le génie musical n’a pas de genre, elle fut d’ailleurs l’une des premières femmes à recevoir la Légion d’honneur. Compositrice active, on lui doit quantité de transcriptions, de même que 23 œuvres originales, dont
Concerto pour harpe et orchestre en do mineur et
Légende qui sont sans nul doute les pièces les plus exigeantes du répertoire.
Johannes Brahms (1833 – 1897)
Compositeur, pianiste et chef d’orchestre allemand Brahms apparaît comme l’un des grands maîtres du 19e siècle. D’origine modeste, il se produit en public dès son plus jeune âge, que ce soit dans un ensemble de chambre ou au cabaret. Sa carrière s’amorce véritablement en 1853, alors qu’il accompagne le violoniste Eduard Remenyi en tournée et fait la connaissance de Clara et Robert Shumann. Cette rencontre déterminante augure ses débuts en tant que compositeur. Entre classicisme et romantisme, son oeuvre profondément libre et personnelle exalte la musique pure à la fois portée par la densité des émotions et soucieuse d’une architecture rigoureuse. Brahms écrivit quatre symphonies. La
Première, fut créée à Karlsruhe le 4 novembre 1876. Brahms débuta la composition de cette symphonie en 1854, peu après sa rencontre avec Shumann, pour ne la terminer que 20 ans plus tard. Héritier de Beethoven, dont nous pouvons déceler certaines références évidentes, particulièrement dans cette
Symphonie no 1, Brahms s’en différencie en renonçant au scherzo. Il n’en demeure pas moins que cette symphonie est, sans doute, l’une des plus belles pages du romantisme brahmsien.