Grand concert
Célébrations
Samedi 22 septembre 2007
à 20 h
Salle J.-Antonio-Thompson
Allégorie de la fête et de la danse, la soirée d’ouverture de la 30e saison de l’OSTR sera pur emportement et ravissement alors que maestro Jacques Lacombe dirigera la première mondiale du Concerto pour alto de Jacques Hétu. Autour de cette œuvre, commandée et interprétée par le prodigieux altiste Nicolò Eugelmi, virevolteront les rythmes des danses hongroises de Kodaly et de la Septième symphonie de Beethoven, surnommée « Apothéose de la danse ».
Jacques Lacombe chef d’orchestre
Nicolò Eugelmi alto
Au programme
Zoltan Kodaly
Danses de Galanta, pour orchestre
Jacques Hétu
Concerto pour alto (création mondiale)
Ludwig van Beethoven
Symphonie no 7, en la majeur (opus 92)
Causerie pré-concert
Animée par Michel Kozlovsky au foyer de la salle J.-Antonio-Thompson dès 19 h 30.
Cocktail Sinfonia
Charmante façon de conclure la soirée, le Cocktail Sinfonia se veut une occasion de fraterniser et d’échanger avec le chef d’orchestre, les solistes et les musiciens, tout en dégustant vins et fines bouchées (billet : 10 $).

Notes biographiques
Jacques Lacombe
Chef d'orchestre

Salué dès le début de sa carrière comme l'un des jeunes chefs d'orchestre les plus prometteurs de sa génération, Jacques Lacombe a conquis la scène internationale grâce à sa grande polyvalence, lui permettant d'exceller aussi bien dans les répertoires symphonique, de ballet ou d'opéra, ainsi qu'à sa remarquable habileté à communiquer l'esprit des œuvres, lui qui dirige souvent sans partition.
Originaire de Trois-Rivières (secteur Cap-de-la-Madeleine), Jacques Lacombe a reçu sa formation musicale au Conservatoire de musique du Québec de Trois-Rivières et de Montréal, ainsi qu'à l'Académie de musique de Vienne, dont il est diplômé en direction d'orchestre et en direction chorale. Il a étudié avec Karl Oesterreicher, Raffi Armenian, Günther Theuring, Harald Goertz et Raymond Daveluy.
Au cours de sa carrière, maestro Lacombe a occupé les postes de premier chef invité de l'Orchestre symphonique de Montréal (2002 à mai 2006), de directeur musical et artistique de la Philarmonie de Lorraine à Metz en France (1998 à 2001), de chef assistant de Charles Dutoit à l'Orchestre symphonique de Montréal (1994 à 1998), il fut également chef d'orchestre attitré et directeur musical des Grands Ballets Canadiens (1990 à 2004). En janvier 2004, il a conquis la critique et le public du prestigieux Metropolitan Opera de New York en dirigeant six représentations de Werther de Jules Massenet.
Jacques Lacombe est régulièrement invité par de nombreux orchestres et maisons d'opéra de prestige, notamment le Royal Opera House de Covent Garden à Londres, le Badisches Staatstheater de Karlsruhe en Allemagne, l'Opéra-Théâtre de Metz et le Théâtre d'Avignon en France, l'Opéra Royal de Wallonie en Belgique, les opéras de Philadelphie et Milwaukee, ainsi que l'Opéra de Montréal. Il a eu l'occasion d'accompagner plusieurs artistes de renommée internationale, tels que Dimitri Hvorostovski, Jennifer Larmore, Richard Leech, Louis Quilico, Pascal Rogé, Diana Soviero et Pieter Wispelwey. Il a également enregistré à plusieurs reprises pour la radio, la télévision et le disque.
Nicolò Eugelmi
Alto

Considéré comme l’un des meilleurs altistes au Canada, Nicolò Eugelmi est présenté par The Strad Magazine tel « a player of rare perception, with a keen ear for timbres and a vivid imagination ». Il s’est par ailleurs illustré à titre de soliste, de récitaliste ou de chambriste sur la scène internationale, que ce soit en Italie, en Allemagne, aux États-Unis, en Suisse ou en Scandinavie.
Auparavant assistant altiste à l’Orchestre Symphonique de Montréal, Nicolò Eugelmi occupe maintenant le poste d’altiste solo de Canadian Opera Company. Monsieur Eugelmi s’est produit également en tant que soliste avec les orchestres symphoniques de Montréal, de Vancouver, d’Edmonton et de la Radio CBC, sous la baguette des réputés chefs d’orchestre Mario Bernardi, Jean-Claude Casadesus et Charles Dutoit. Il a par ailleurs présenté des séries de récitals et de musique de chambre au Banff Centre, au Festival de Lanaudière, au Orford Summer Festival, au Music in the Morning, à la CBC Galleria et à l’Ottawa Chamber Music Festival. Ardent défenseur de la musique contemporaine, monsieur Eugelmi a interprété la création mondiale de What Voices in an Unknown Tongue (Imant Raminsh), les premières canadiennes de Viola Concerto (John Harbison) et de Double Concerto (Benjamin Britten), ainsi que les premières nord-américaines de Viola Concerto (Gaetano Giuffrè) et de The North Shore (Gavin Bryars). Ce sera donc un grand honneur pour lui de présenter la création mondiale du Concerto pour alto du compositeur Jacques Hétu.
Nicolò Eugelmi se distingue également avec ses enregistrements. Son premier disque Brahms – Sonatas and Songs fut désigné Strad Selection par The Strad Magazine. Son second disque, Brahms Lieder, enregistré en collaboration avec Marie-Nicole Lemieux et Michael McMahon, a été élu Editor’s Choice par le Gramophone Magazine, en plus de remporter un prix Juno et un prix Opus.
Tout au cours de sa carrière, Nicolò Eugelmi a obtenu de nombreux prix et bourses et, ce, depuis le début de ces études à Régina. Il détient un Baccalauréat et une Maîtrise de l’Université de Colombie-Britanique, où il a étudié sous la tutelle de Gerald Stanick. Il s’est par la suite perfectionné à la Juilliard School de New York, il y fut l’élève de Karen Tuttle, Toby Appel et Felix Galimir.

Notes analytiques
Jacques Hétu
Né en 1938 à Trois-Rivières
Concerto pour alto, opus 75 (2006)
Amorcé par les clarinettes et gagnant peu à peu tout l’orchestre, le thème initial de l’Andante est fondé sur une cellule thématique qui prendra un caractère obsessionnel au cours du mouvement. Contrastant avec les éléments lyriques précédents, l’entrée de l’alto expose des éléments rythmiques incisifs qui se résorbent pour mener à l’Allegro. Celui-ci présente une variante du thème initial, une mélodie expressive caractérisée par de larges intervalles d’octaves ascendants. Brève interruption par les éléments incisifs à l’orchestre, puis l’alto reprend sa mélodie avec des couleurs harmoniques et orchestrales variées. Après un court développement dramatique du thème initial, celui-ci réapparaît, varié, dans une atmosphère intimiste où l’alto est soutenu par les violoncelles divisés. Un dernier appel des éléments incisifs à l’orchestre précède la coda qui déploie une dernière fois la mélodie ascendante pendant la descente chromatique en trémolo des cordes graves.
Le Vivace est un court scherzo formé d’arpèges de quinte augmentée au soliste, scandés par les pizzicatos des cordes avec brèves interventions des bois. La partie centrale lente rappelle au cor les éléments du premier thème du mouvement précédent. Retour varié et abrégé de la première partie.
L’introduction orchestrale de l’Adagio expose un thème en trois paliers dont les cellules mélodiques seront reprises avec amplification par l’alto, formant alors une longue phrase mélodique partant du registre médium pour aller ensuite du grave à l’aigu, de l’ombre à la lumière, constamment soutenue par les cordes avec sourdine. Après une section centrale mouvementée, les éléments de l’introduction reviennent abrégés et partagés entre les cordes, les vents et l’alto solo. Puis, la mélodie est reprise aux bois, ornée par les arpèges du soliste. La coda rappelle la tête du thème au piccolo sur un arrière-plan des cors.
L’Allegro final est une sorte de rondo oscillant entre le caractère « toccate » caractérisé par le thème initial de l’alto en notes répétées avec intervention de la caisse claire, et le caractère « dansant » du thème secondaire. Les tutti orchestraux qui concluent le thème initial reprennent les cellules mélodiques du mouvement précédent.
À travers de fréquents changements de tempo, de couleurs orchestrales et de climats, l’unité de l’œuvre émerge par le rappel constant de cellules mélodiques cycliques. L’œuvre fut commandée par Nicolò Eugelmi à qui elle est dédiée.
Par Jacques Hétu
Zoltan Kodaly
Né le 16 décembre 1882 à Kecskemet
Mort le 6 mars 1967 à Budapest
D’écriture classique, l’œuvre de Kodaly, bien qu’influencée par Brahms et Debussy, s’avère des plus personnelles par ses références au folklore hongrois et sa sensibilité populaire. Son œuvre est le parfait reflet de l’homme simple habité par la musique de son pays et du musicien autodidacte issu d’une famille de musiciens amateurs. Tout comme son compatriote Bartok, Kodaly consacra la majeure partie de sa vie à colliger des chants populaires qui deviendront le thème de sa thèse de doctorat, le sujet d’un nombre considérable de publications et surtout le matériau de ses compositions. Faut-il s’étonner que son répertoire soit gouverné par la musique vocale et chorale? Parmis ses œuvres les plus emblématiques, figurent les Danses de Galanta. À mille lieues du modernisme percutant de Bartok, cette œuvre puise son inspiration dans l’enfance de Kodaly, alors résidant d’un village renommé pour son orchestre tzigane, Galanta. Les rythmes exotiques indomptables et mâtinés de nostalgie ont fait la renommée de ces dances créées le 23 octobre 1933 pour le 80e anniversaire de la Société Philharmonique de Budapest. Deux ans plus tard, les Dances de Galanta et les Dances de Marosszek (également de Kodaly) furent regroupées pour la présentation d’un ballet intitulé Histoire d’un rebelle.
Ludwig van Beethoven
Né le 16 ou le 17 décembre 1770 à Bonn
Mort le 26 mars 1827 à Vienne
Cette septième symphonie marque une rupture de ton sur le continuum symphonique de Beethoven, ici, le compositeur témoigne d’un retour, après l’audace des œuvres précédentes, à une forme strictement classique. Par ailleurs, à la différence des symphonies « Pastorale » ou « Héroïque », celle-ci ne recèle aucun message, ni propos biographiques, bien que Wagner y ait vu une « Apothéose de la danse » et Jules Pasdeloup une « Noce villageoise », certainement en raison de la succession des danses et des rythmes contrastés que forment les quatre mouvements, dont le célèbre allegretto. Beethoven en amorça l’écriture, simultanément à sa huitième symphonie en 1811, lors d’un séjour dans un centre de santé en Bohême. Il dirigea lui-même sa création le 8 décembre 1813 à l’Université de Vienne, lors d’un concert de bienfaisance pour les victimes autrichiennes de la bataille de Hanau, au cours duquel fut également donné la « Bataille de Vittoria », écrite spécialement pour l’occasion par Beethoven. L’énergie et la verve de sa septième symphonie, dédiée au comte Moritz von Fries, engendrèrent immédiatement l’enthousiasme du public qui y perçut la promesse de jours meilleurs.