Notes biographiques
Jacques Lacombe
Chef d'orchestre

Originaire de Trois-Rivières, Jacques Lacombe a conquis la scène internationale grâce à sa grande polyvalence, lui permettant d'exceller aussi bien dans les répertoires d’orchestre, de ballet ou d'opéra, ainsi qu'à sa remarquable habileté à communiquer l'esprit des œuvres, lui qui dirige souvent sans partition.
Directeur artistique de l’OSTR depuis 2006, maestro Lacombe a auparavant occupé les postes de premier chef invité de l'Orchestre symphonique de Montréal, de directeur musical et artistique de la Philharmonie de Lorraine à Metz en France, de chef assistant de Charles Dutoit à l'Orchestre symphonique de Montréal, il fut également chef d'orchestre attitré et directeur musical des Grands Ballets Canadiens.
Régulièrement invité par de nombreux orchestres et maisons d'opéra de prestige, maestro Lacombe dirigera prochainement Le Vaisseau Fantôme de Wagner (14 septembre) au Deutsche Oper Berlin, l’Orchestre symphonique de Montréal (30 septembre, 1er octobre), l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières (5 octobre, 12 octobre, 31 octobre, 17 et 18 novembre, ainsi que 13 décembre), l’Opéra de Québec (18, 21, 23 et 25 octobre) ainsi que la New Jersey Symphony (7, 8 et 9 novembre).
Raymond Perrin
Chef de choeur

D’abord formé comme organiste aux conservatoires de Trois-Rivières et de Strasbourg, Raymond Perrin a bénéficié, pour la direction chorale, de l'enseignement de Jose Aquino (France) et de Hermann Max (Suisse). Professeur agrégé à l'Université de Montréal, il y est également responsable des activités chorales depuis septembre 2004. Il dirige la chorale du Conservatoire de Trois-Rivières, où il enseigne aussi l’orgue. Comme chef de chœur, il a, par le passé, assumé la direction de la Maîtrise du Cap, des chœurs de l'Université du Québec à Trois-Rivières, de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières et du Grand Chœur du Festival de Lanaudière.
Outre ses activités de chef de chœur, Raymond Perrin est également compositeur, arrangeur et accompagnateur. On le connaît également comme arbitre en chef de la Ligue d’improvisation à l’orgue du Québec, laquelle a présenté l’improvisation et l’orgue en général sous un nouveau jour aux publics du Québec et de France. En 1998, Raymond Perrin fonde l’ensemble Vocalys en faisant appel aux meilleures voix de la région de la Mauricie.
Frédérique Vézina
Soprano

Originaire de Montréal, la soprano Frédérique Vézina est reconnue au Canada et aux États-Unis comme une remarquable artiste. Cette saison, elle s’est produite au Festival de Lanaudière sous la direction de Kent Nagano (Tatiana dans Eugène Oneguine), à l’Orchestre symphonique d’Edmonton (Les Nuits d’été), à l’Opéra de Vancouver (Mimi dans La Bohème) et à l’Opéra d’Edmonton (Micaëla dans Carmen). Au cours de la prochaine saison, Frédérique Vézina se joindra à la Canadian Opera Company pour une nouvelle production de Puccini.
Au cours des dernières saisons, la soprano a fait ses débuts, remarqués, à l’Orchestre symphonique de Toronto et la Washington Opera, la Pacific Opera Victoria, l’Opéra de Montréal, l’Orchestre Métropolitain et l’Orchestre symphonique de Québec, l’Opéra de Québec. On a pu également l’entendre dans un récital enregistré à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, ainsi que dans Les Nuits d’été, La Passion selon Saint-Jean et la Messe en si mineur de Bach.
Lauréate de prestigieux prix, Frédérique Vézina a raflé les premiers prix au Concours International de Chant de Marmande (France), au National Association of Teachers of Singing Competition (3 années consécutives), au Concours annuel de l’OSTR et au National Music Festival (Calgary).
Renée Lapointe
Mezzo

Soliste et chambriste recherchée, Renée Lapointe est régulièrement invitée à de grands événements musicaux, tels que le Festival de Wallonie (Belgique), le Festival de Loches (France) et le Festival de Lanaudière (Québec) en plus d’effectuer de nombreuses tournées en duo avec le guitariste Rémi Boucher dans le spectacle intitulé Una Noche en Sevilla. Un enregistrement de ce concert sera d’ailleurs réalisé au cours de l’année pour la maison Disques Tout Crin.
Outre ses prestations remarquées au récital et à l'oratorio, tant au pays qu'à l'étranger, madame Lapointe a chanté, entre autres, les rôles de Carmen, de Mélisande, de Bradamante (Alcina de Haendel), de Hermia (Le Songe d'une nuit d'été de Britten), de Pauline (La Dame de Pique de Tchaïkovski), de Giannetta (L'Elisir d'amore de Donizetti) et de Flora (La Traviata de Verdi). En concert, Renée Lapointe interprète régulièrement le Messie de Haendel, le Requiem de Mozart, la Neuvième Symphonie de Beethoven, Les Nuits d'été de Berlioz et les grandes oeuvres sacrées de Bach, Mozart, Haydn et Vivaldi. En outre, elle a chanté avec la plupart des orchestres et ensembles canadiens.
Michiel Schrey
Ténor

Le ténor Michiel Schrey possède un répertoire extrêmement polyvalent, qui s’étend de la musique baroque et classique jusqu’à l’époque contemporaine en passant par les grandes œuvres du XIXe siècle.
M. Schrey est un familier de l’opéra baroque, il a, entre autres, chanté avec la compagnie Opera Atelier de Toronto (Actéon, La Flûte enchantée, Médée, Persée et Armide), Apollo’s Fire de Cleveland (Les Indes Galantes de Rameau), Le Concert Spirituel à Paris (King Arthur de Purcell), ainsi qu'au Festival de musique baroque de Lamèque et au Festival Vancouver. Il a également chanté avec des maisons et des ensembles, tels que Pacific Opera Victoria, Glimmerglass Opera, Edmonton Opera, Toronto Operetta Theatre, Opera in Concert, l’Ensemble Helios XVIII à Vienne, l’Orchestre symphonique de Québec, el Orquesta del Nuevo Mundo (Mexique), le Calgary Bach Festival Society et le Ottawa Bach Choir.
Défenseur engagé de la musique contemporaine, il fut unanimement loué pour sa prestation dans Kopernikus de Claude Vivier à l’Opéra de Montréal, de même qu'en tournée au Canada, en France et au Royaume-Uni. Il s’est récemment produit dans Orfeo de Monteverdi au Festival Montréal baroque et on a pu l’entendre dans Il ritorno d’Ulisse de Monteverdi avec la compagnie Opera Atelier de Toronto.
Étienne Dupuis
Baryton

Formé à l’Université McGill et membre de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal (2001 à 2004), Étienne Dupuis a chanté, au cours des dernières saisons, Escamillo et le Dancaire dans Carmen en tournée avec l’Atelier lyrique, ainsi que le père dans Hänsel et Gretel. À l’Opéra de Montréal, il a participé aux productions de Madame Butterfly et de Rigoletto et il s’est joint aux productions de La Flûte enchantée et de La Bohème. Au nombre de ses dernières prestations, mentionnons Lescaut (Manon Lescaut) au New Israeli Opera, le Mandarin (Turandot) à Vancouver et plusieurs concerts avec différentes formations montréalaises et françaises, dont la Neuvième Symphonie de Beethoven avec l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal.
Étienne Dupuis a chanté le rôle de Johnny Rockfort dans la version symphonique de Starmania, rôle qu’il a repris dans la version opéra. Cette saison, ses projets le mèneront à Vancouver pour Silvio dans I Pagliacci, Capriccio pour ses débuts à l’Opéra National de Paris, Figaro du Barbier de Séville à l’Opéra de Marseille, un concert sous la direction de maestro Kent Nagano, Mercutio à l’Opéra de Hawaïi et Papageno (La Flûte enchantée) à l’Opéra de Tours.
Patrick Lacombe
Récitant
Comédien, metteur en scène, auteur, enseignant, Patrick Lacombe compte plus de 20 années d’expérience. Dernièrement, on l’a remarqué dans La mort du commis voyageur où il tenait le rôle de Willy Loman et dans Cyrano de Bergerac, où il tenait le rôle-titre. Le Conseil des arts et des lettres du Québec lui a d’ailleurs décerné le prix Art excellence pour le scénario et la mise en scène de La mort d’un révolutionnaire. Patrick Lacombe fut également coprésident d’honneur du Grand débat public sur la culture de l’Institut du Nouveau Monde, en 2007.
Notes analytiques
Notes par Claire-Émilie Calvert, musicologue
Oskar Morawetz (1917-2007)
Carnival Overture (1945)
Œuvre donnée pour la première fois à l’OSTR
Né en 1917 en République tchèque, Morawetz a voyagé et étudié à Vienne, Paris et Prague, pour enfin s’établir au Canada en 1940. En plus d’être un compositeur joué et reconnu à travers le monde, il a enseigné la théorie musicale et la composition de 1946 à 1982 à l’Université de Toronto. S’il intègre plusieurs courants du 20e siècle, Morawetz n’est pas un adepte de la musique sérielle, de la musique aléatoire ou de l’électroacoustique. Sa musique privilégie plutôt l’énergie rythmique, la recherche mélodique et les orchestrations chatoyantes. Morawetz précise : «Depuis ma plus tendre enfance, la musique a toujours représenté pour moi quelque chose de terriblement émotif et je crois encore qu’elle doit posséder une forme de ligne mélodique» (CMC). Carnival Overture nous transporte dans un joyeux tourbillon où l’on retrouve une rythmique à la coloration tchèque et un langage inspiré du Romantisme de la fin du 19e siècle. Morawetz raconte qu’en composant, il s’imaginait lui-même vivant à cette époque, en y projetant son style et sa personnalité. Le chef de l’OSM en 1946, Sir Ernest MacMillan, après avoir lu la partition, a suggéré le titre qui souligne la vitalité de l’œuvre. Carnival Overture réserve à l’auditeur de belles surprises et des sensations fortes pour ouvrir un concert riche en émotions.
George Fiala (né en 1922)
Eulogy : in Memory of President John Fitzgerald Kennedy (1965)
Œuvre donnée pour la première fois à l’OSTR
Compositeur d’origine ukrainienne né en 1922, George Fiala est l'auteur de plus de 200 oeuvres, dont cinq symphonies, ainsi que plusieurs œuvres orchestrales, concertos et pièces de musique de chambre. Lors de sa jeunesse passée à Kiev, il a pu approcher Prokofiev, Chostakovitch et Khatchaturian, développant ainsi son style auprès des grands maîtres. L’occupation allemande durant la Deuxième Guerre mondiale l’amène à Berlin, où il a étudié la direction d’orchestre avec Wilhelm Furtwängler. Fiala émigre finalement au Canada en 1949 et il s’établit à Montréal. Son attirance pour le système tonal traditionnel et pour la musique sérielle caractérise son langage musical. En effet, Fiala sait combiner la logique structurelle et les dissonances du sérialisme avec des mélodies lyriques et expressives aux couleurs tonales. Dans Eulogy : in Memory of President John Fitzgerald Kennedy, édité deux ans après l’assassinat du président américain, Fiala rend un touchant hommage au mythique personnage qui a marqué son époque.
Aaron Copland (1900-1990)
Lincoln Portrait (1942)
Œuvre donnée pour la première fois à l’OSTR
Pilier de la musique américaine, l’œuvre de Copland fait maintenant partie intégrante de la culture populaire; on reconnaît encore son influence dans la musique de scène, de télévision et de cinéma. Fortement teinté de folklore américain, le langage musical de Copland se distingue par sa simplicité mélodique et harmonique, particularités que l’on retrouve dans Lincoln Portrait. C’est le Cincinnati Symphony Orchestra qui, dans l’esprit de fierté nationale entourant la Deuxième Guerre mondiale, a commandé des « portraits musicaux » à quelques compositeurs américains. Copland a choisi d’illustrer certains discours du président abordant les concepts de justice et de démocratie. La présence d’un narrateur donne à l’œuvre une dimension patriotique accentuée par le style emphatique de Copland. Par ailleurs, la narration de Lincoln Portrait a été assurée par plusieurs personnalités politiques, dont Al Gore, Barack Obama, Eleanor Roosevelt et Margaret Thatcher. La musique de Copland sert donc d’écrin aux paroles de Lincoln pour en exalter la noblesse et la sincérité. La première partie de l’œuvre fait écho à la personnalité de Lincoln, alors que la partie centrale illustre la vie au 19e siècle. La dernière section laisse plus de place au texte et culmine avec la fameuse phrase « government of the people, by the people, and for the people » qui amène la lumière sur une finale grandiose.
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Symphonie no 9 en ré majeur, opus 125 (1824)
Œuvre donnée pour la dernière fois à l’OSTR le 19 mars 2005
Musicien innovateur, Beethoven impose au public conventionnel du 19e siècle un Nouveau Monde sonore qui dépasse le simple divertissement. De par ses proportions gigantesques et l’utilisation d’un chœur en tant que partie intégrante de l’orchestre, la Symphonie no 9 transcende le genre symphonique et annonce l’Art Total de Wagner. Beethoven y développe ses idées musicales aussitôt énoncées et réussit à sublimer une forme rigoureuse grâce à un traitement cyclique des thèmes. Œuvre d’un visionnaire audacieux, elle se situe à la frontière du Classicisme et du Romantisme.
La Neuvième Symphonie s’amorce par un premier mouvement au caractère généralement sombre et dramatique. Beethoven fait fi de l’ordre établi et présente ensuite un scherzo dynamique, alors que l’auditeur s’attend à un deuxième mouvement lent. Notons le rôle thématique des timbales et l’énergie nerveuse annonçant la joie exubérante de la finale. Le troisième mouvement alterne les passages binaires et ternaires dans une sorte de thème et variations aux accents lyriques. Précédé d’une longue introduction rappelant les autres mouvements dans l’ordre, le célèbre mouvement final peut être vu comme une symphonie à l’intérieur de la symphonie. Quatre sections se succèdent suivant la forme générale de la Neuvième Symphonie : introduction lente, scherzo, méditation lyrique et finale. Ce mouvement est en fait un thème et variations de la fameuse mélodie composée sur les vers de l’Ode an die Freunde de Friedrich von Schiller.
En exposant les dualités humain/divin et personnel/universel, Beethoven démontre une recherche de sens qui sera l’apanage du Romantisme. Aboutissement de sa maturation artistique, la Symphonie « Chorale » livre un message humanitaire encore actuel : « L’Homme est pour tout homme un frère».