La saison 2011-2012
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Concerts

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Série Grands concerts

Le boléro

Samedi 7 mars 2009 à 20 h
Salle J.-Antonio-Thompson
Maestro Jacques Lacombe et l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières interpréteront le célèbre Boléro de Maurice Ravel, le samedi 7 mars prochain. La silhouette de Ravel s’esquissera au cours de cette soirée, puisque le programme comportera aussi sa version des Tableaux d’une exposition de Moussorgski, œuvre qui sera magnifiquement illustrée par les étudiants du département d’arts plastiques du Cégep de Trois-Rivières. L’OSTR commémorera également deux bicentenaires majeurs : celui de la mort de Haydn par la Symphonie no 43 en mi bémol majeur « Mercure » et celui de la naissance de Mendelssohn par Les Hébrides.


L’OSTR remercie chaleureusement le Groupe PMA+GDM pour leur généreuse participation à ce concert. Nos vives félicitations à chacun des étudiants du département d’arts plastiques du Cégep de Trois-Rivières, de même qu’à leur professeure Élyse Proulx et au technicien en audiovisuel Mathieu Morasse.
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Au programme
Félix Mendelssohn
Les Hébrides (« la Grotte de Fingal »), Ouverture en si
mineur
, opus 26
Moussorgski/Ravel
Tableaux d’une Exposition
Joseph Haydn
Symphonie no 43 en mi bémol majeur "Mercure"; Hob. I/43
Maurice Ravel
Boléro
Causerie pré-concert
Causerie Hydro-Québec animée par Michel Kozlovsky à 19 h 30.
Cocktail Sinfonia
Cocktail Sinfonia présenté par le Groupe PMA+GDM à 22 h au foyer Gilles-Beaudoin (entrée : 10 $).
Notes biographiques
Jacques Lacombe
Chef d'orchestre
Originaire de Trois-Rivières, Jacques Lacombe a conquis la scène internationale grâce à sa grande polyvalence, lui permettant d'exceller aussi bien dans les répertoires d’orchestre, de ballet ou d'opéra, ainsi qu'à sa remarquable habileté à communiquer l'esprit des œuvres.

Directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières depuis 2006, il a auparavant occupé les postes de premier chef invité de l'Orchestre symphonique de Montréal, directeur musical et artistique de la Philarmonie de Lorraine (France), chef assistant de Charles Dutoit à l'OSM et chef d'orchestre attitré et directeur musical des Grands Ballets Canadiens.

Invité par de nombreux orchestres et maisons d'opéra de prestige, Maestro Lacombe s’est notamment produit au Metropolitan Opera de New York, au Royal Opera House de Covent Garden à Londres, au Deutsche Oper Berlin et au Teatro Regio de Turin. Il a eu l'occasion d'accompagner plusieurs artistes de renommée internationale, tels que Yo-Yo Ma, Roberto Alagna et Frederica Von Stade. Il a également enregistré à plusieurs reprises pour la radio, la télévision et le disque.

Après avoir reçu en février dernier un accueil triomphal au Deutsche Oper Berlin pour la production Ariadne Auf Naxos de Richard Strauss (le public ayant ovationné les musiciens durant de plus de vingt minutes lors de la première), Maestro Lacombe y sera de retour pour diriger de nouvelles représentations du Vaisseau fantôme de Richard Wagner (19 et 22 mars 2009). Outre sa présence à la tête de l’OSTR, Jacques Lacombe sera prochainement invité par l’Edmonton Symphony (9 et 10 mai) pour diriger, entre autres, Les Planètes de Holst et par le Green Mountain Opera Festival (Vermont) pour les Noces de Figaro de Mozart (19 et 21 juin 2009).



Notes analytiques
par Claire-Émilie Calvert

Felix Mendelssohn (1809-1847)
Ouverture Les Hébrides, op. 26, « La grotte de Fingal » (1829-1832)
L’année 2009 marque le 200e anniversaire de naissance de Mendelssohn.
Enfant prodige au talent comparable à celui de Mozart, Mendelssohn joue du piano et du violon, il compose, il écrit, il peint, bref, très tôt, le compositeur allemand démontre un amour des arts en général. Jeune homme très en vue dans les salons artistiques et philosophiques, il parfait son éducation grâce à ses amis et à travers de nombreux voyages. Directeur musical à Düsseldorf, puis à la cathédrale Saint-Thomas de Leipzig, il fera littéralement revivre la musique de Jean-Sébastien Bach, tombée dans l’oubli depuis la mort du grand maître en 1750. En effet, à l’époque, la mode était à la musique « contemporaine » et on n’entendait pratiquement plus les œuvres des compositeurs décédés. En organisant à Leipzig des « concerts historiques », Mendelssohn rendra accessible la musique baroque et classique, influençant notamment la musique de Brahms et Wagner.

La musique de Mendelssohn témoigne de la grande sensibilité du compositeur et s’il ne pèche pas par l’innovation, son sens mélodique et le raffinement de ses orchestrations sont indéniables. Bien que contemporain de Paganini, Chopin et Liszt, Mendelssohn a toujours vécu loin du vedettariat et des tourments typiquement associés aux compositeurs romantiques, ce qui ne l’a pas empêché de développer un profond sens du drame. L’Ouverture Les Hébrides en fait la démonstration. D’abord baptisée Ouverture pour une île solitaire, l’œuvre a été inspirée par un voyage en Écosse dont la célèbre grotte de Fingal a particulièrement marqué l’imaginaire du compositeur de vingt ans. Complétée à Rome le 20 décembre 1830, l’Ouverture a été révisée en 1832 et titrée Les Hébrides. Suite à la première exécution dirigée par Mendelssohn, ce dernier révise une troisième fois son œuvre qui sera finalement publiée sous le titre « La grotte de Fingal », en 1835. Au-delà d’une musique descriptive, Mendelssohn capte l’essence des paysages dramatiques écossais. Après un premier thème tour à tour mystérieux et lumineux selon l’harmonie sous-jacente, les violoncelles et les bassons exposent un deuxième thème aux accents lyriques qui mènera à un développement tempétueux, puis à une finale qui n’est pas sans rappeler les cadences symphoniques d’un Beethoven. Il faut noter que cette ouverture « de concert » est en fait une pièce autonome, qui n’est associée à aucun opéra ou ballet.

Modest Moussorgski (1839-1881)
Tableaux d’une Exposition (1874), arr. Ravel (1922)
Malgré une toute petite production, Moussorgski a laissé son empreinte indélébile dans le répertoire de la musique russe du 19e siècle, grâce à un langage unique. Son traitement de l’harmonie, des couleurs orchestrales et des rythmes typiquement slaves en fait l’un des représentants du nationalisme russe, avec les compositeurs du fameux « Groupe des cinq », ses compatriotes Balakirev, Borodin, Cui, et Rimsky-Korsakov. Après avoir travaillé intensément sur ce qui allait devenir le plus célèbre opéra russe de l’histoire, Boris Godunov, Moussorgski commence la composition d’une suite pour piano au titre évocateur : Tableaux d’une Exposition. En effet, l’œuvre est une « impression musicale » inspirée par dix des œuvres présentées lors de l’exposition posthume du bon ami de Moussorgki, le peintre et architecte Victor Hartmann. Édités par Rimsky-Korsakov en 1886 - cinq ans après la mort de Moussorgski - les Tableaux d’une Exposition ont été popularisés grâce à l’orchestration de Maurice Ravel. L’arrangement d’une richesse indéniable donne tout son éclat à l’œuvre originale, tout en laissant transparaître le génie du compositeur français, passé maître dans le jeu des couleurs orchestrales. Ainsi, Ravel sublime l’écriture pour piano dans une instrumentation chargée comptant notamment deux harpes, un saxophone, plusieurs percussions et un célesta.

Une « Promenade » unifie les différentes parties de l’œuvre ; le compositeur se représente marchant de tableau en tableau. Ainsi, on reconnaîtra plusieurs fois le thème de la « Promenade », tantôt paisible, tantôt mystérieux, au gré des impressions provoquées par les tableaux. Musique inquiétante de « Gnomus » et « Catacombes », quelques enfants se disputant au jardin des « Tuileries », évocation de femmes caquetant au « Marché de Limoges », les atmosphères se succèdent parfois sans transition. La musique se fait quelques fois descriptive ; un char tiré par les bœufs passe, c’est l’étrange « Bydlo », représenté par un solo de tuba. Viennent « Samuel Goldberg et Schmuyle », le riche et le pauvre, identifiables l’un par un motif nasillard et l’autre par un motif plus grave. Finalement, « La Grande Porte de Kiev » - où les cuivres et les percussions ont la belle part - clôt de manière monumentale l’une des œuvres phares du répertoire orchestral.

Franz Joseph Haydn (1732-1809)
Symphonie no 43 Hob. I/43, « Mercure » (1772)
L’année 2009 marque le 200e anniversaire de la mort d’Haydn.
Au service de la famille Esterházy de 1761 à 1790, Haydn compose pour toutes les occasions, sans jamais avoir à se préoccuper de sa situation financière. Opéras, musique de chambre, musique sacrée, symphonies, il touche à tous les genres grâce aux nombreuses commandes de ses patrons. Composée entre 1770 et 1771, la Symphonie « Mercure » fait partie d’un corpus de plus d’une centaine de symphonies. La Symphonie no 43 se divise en quatre mouvements, une structure qui deviendra la norme du genre. Tout au long de l’œuvre, les vents se font discrets et les cordes gracieuses, avec des thèmes privilégiant les notes répétées. À une écriture plus près de la musique de chambre que de la symphonie, Haydn intègre d’une part un continuo au basson, héritage de l’époque baroque, et d’autre part des éléments clés du style Sturm und Drang (littéralement : tempête et passion) en vogue depuis quelques années. En effet, Haydn crée des atmosphères changeantes en alternant les harmonies majeures et mineures, multipliant les contrastes de dynamiques, les accents et les silences. Au 19e siècle, on a souvent accolé un titre évocateur aux œuvres d’Haydn, comme c’est le cas ici. Malheureusement, on ne connaît pas la véritable explication de l’allusion au messager des dieux, Mercure. Toutefois, nul besoin d’analyse pour apprécier le charme lumineux de la 43e symphonie.

Maurice Ravel (1875-1937)
Boléro, pour orchestre (1928)
Chef de file du mouvement impressionniste en musique, Ravel est souvent surnommé le « Maître coloriste ». Formé selon la tradition française au Conservatoire de Paris, il se voit néanmoins refuser le prix de Rome à trois reprises. Quelques années plus tard, il dédaigne avec rancoeur la Légion d'Honneur. À l’instar de ses contemporains, Fauré et Debussy, il privilégie une écriture pour le piano sophistiquée et poursuit une recherche des couleurs orchestrales. Son œuvre polychrome passe de l’ironie sauvage à la candeur, tout en intégrant à l’occasion des sonorités jazz ou exotiques.

Ballet miniature commandé par la danseuse Ida Rubinstein en 1928, le Boléro fait la démonstration, derrière sa simplicité apparente, d’une maîtrise peu commune de l’orchestration. L’accueil délirant offert à l’œuvre lors de la première au Théâtre de l’Opéra de Paris n’a d’égal que le peu de considération que lui portent aujourd’hui les dilettantes. Pourtant, l’exercice de composition présente un défi de taille : comment renouveler l’intérêt de l’auditeur, alors que l’œuvre consiste en la répétition de la même mélodie, du même rythme et de la même harmonie durant quinze minutes? Ravel relève ce défi avec brio : plutôt que de développer son thème, il construit un immense crescendo en utilisant les nuances, mais surtout, en remplissant de plus en plus l’espace sonore par l’ajout et la combinaison d’instruments, de même qu’en « épaississant » subtilement la mélodie par une harmonie de plus en plus chargée. Débutant par un simple rythme de boléro joué discrètement à la caisse claire, le Boléro culmine par un unique changement harmonique dont l’impact est souligné par les glissandos canailles des trombones.
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