La saison 2011-2012
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Concerts

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Série Beaux dimanches

Hommage à Trois-Rivières

Dimanche 13 septembre 2009 à 14 h 30
Jacques Lacombe inaugurera la saison avec un splendide hommage à sa ville natale. Le célèbre Concerto no 2 pour piano de Rachmaninov magnifié par l’élégante virtuosité d’Anne-Marie Dubois et l’éclatante Ouverture 1812 de Tchaïkovski encadreront la création mondiale d’une œuvre-cadeau offerte aux Trifluviens signée par l’un des leurs, le compositeur Jacques Hétu. Heureux 375e anniversaire Trois-Rivières!

Jacques Lacombe chef d’orchestre
Anne-Marie Dubois piano
Les cuivres et les percussions de la Musique du 62e Régiment d’Artillerie de campagne de Shawinigan, sous la direction de Luc Darveau
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Au programme
Dimitri Chostakovitch
Ouverture de fête, opus 96
Serge Rachmaninov
Concerto pour piano no 2, en ut mineur, opus 18
Jacques Hétu
Sur les rives du Saint-Maurice (création mondiale)
Piotr Ilyitch Tchaïkovski
Ouverture 1812, opus 49
Une présentation
Causerie pré-concert
Causerie préconcert animée par Louise Hamel à 14 h au foyer Gilles-Beaudoin.
Une présentation d'Hydro-Québec.
Notes biographiques
Jacques Lacombe
Chef d'orchestre
Originaire de Trois-Rivières, Jacques Lacombe a conquis la scène internationale grâce à sa grande polyvalence, lui permettant d'exceller aussi bien dans les répertoires d’orchestre, de ballet ou d'opéra, ainsi qu'à sa remarquable habileté à communiquer l'esprit des œuvres.

Directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières depuis 2006, il a auparavant occupé les postes de premier chef invité de l'Orchestre symphonique de Montréal, directeur musical et artistique de la Philharmonie de Lorraine (France), chef assistant de Charles Dutoit à l'OSM et chef d'orchestre attitré et directeur musical des Grands Ballets Canadiens.

Invité par de nombreux orchestres et maisons d'opéra de prestige, maestro Lacombe s’est notamment produit au Metropolitan Opera de New York, au Covent Garden, au Deutsche Oper Berlin et au Teatro Regio de Turin. Il a eu l'occasion d'accompagner plusieurs artistes de renommée internationale, tels que Yo-Yo Ma, Roberto Alagna et Frederica Von Stade. Il a également enregistré à plusieurs reprises pour la radio, la télévision et le disque.

Jacques Lacombe a reçu sa formation musicale au Conservatoire de musique du Québec de Trois-Rivières et de Montréal, ainsi qu'à l'Académie de musique de Vienne, dont il est diplômé en direction d'orchestre et en direction chorale. Il a étudié avec Karl Oesterreicher, Raffi Armenian, Günther Theuring, Harald Goertz et Raymond Daveluy.

Pour plus de renseignements sur Jacques Lacombe: www.jacqueslacombe.com


Anne-Marie Dubois
Piano

« Son jeu convaincant atteint la poésie la plus envoûtante, et se répand en une combinaison constante de sonorités et de couleurs, de fraîcheur et de lyrisme, d’éclat et de ravissement. » « Le jeu de Dubois possède une magie qui séduit toujours » Adrian Corleonis, revue Fanfare, juillet 2003 et mars 2006.

« Une interprétation chaleureuse, un jeu de haut calibre. La Prédication aux oiseaux recèle dans sa simplicité une étonnante force d'élévation» Paul Ingram, Fanfare, mars 2006.

« À retenir : la virtuosité frappante d’Anne-Marie Dubois dans la Totentanz de Liszt. » Claude Gingras, La Presse, le 30 octobre 2006.

…Anne-Marie Dubois démontre un don certain pour le chant et le legato dans le Concierto Piccolo Mondo Antico de Nino Rota. Soutenue par un accompagnement concis et chaleureux, elle est passée d’un premier mouvement qui n’offre aucun répit à la pianiste (tout particulièrement la cadence), vers un final agile et harmonieux dans lequel elle a démontré sa virtuosité, passant par un lyrique Andante rigoureux et mesuré.
Pablo J. Vayón, Scherzo (magazine classique), juin 2008, Madrid, Espagne.


En décembre 2006 et janvier 2007, la pianiste Anne-Marie Dubois, citoyenne émérite de la Ville de Drummondville, était soliste invitée pour la grande tournée en Chine de l’Orchestre de la Francophonie canadienne, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay. Lors de ce voyage, plus de huit millions de personnes l’ont vue et entendue interpréter le concerto en ré mineur de Mozart. Durant les deux dernières saisons, elle a également été invitée à se produire avec l’Orchestre d’Extramadura en Espagne, au New-Brunswick Symphony, ainsi qu’aux orchestres symphoniques de Laval, Trois-Rivières, Sherbrooke et Drummondville.

Cette saison, Anne-Marie Dubois joue, entre autres, avec l’orchestre de chambre I Musici de Montréal, et est l’invitée d’honneur à l’Orchestre symphonique de l’Estuaire, en plus de donner plusieurs prestations en récital et en musique de chambre. En 2009-2010, Mme Dubois se produira à nouveau avec les orchestres symphonique de Trois-Rivières, Sherbrooke et Longueuil.

Douée d’un talent très précoce, Anne-Marie donne son premier récital de piano à l’âge de 5 ans. Élève de Yvonne Hubert à Montréal, elle travaille par la suite avec Harvey Weedin de l’Université de Philadelphie, Jacques Rouvier et Théodore Paraskivesco au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et, de 1982 à 1986, avec Marc Durand à l’Université de Montréal.

Gagnante de nombreux prix et bourses, Anne-Marie est neuf fois lauréate des Concours de Musique du Canada, dont elle remporte le Premier Prix du Tremplin international en 1984. Lauréate du Concours de l’Orchestre symphonique de Montréal à l’âge de treize ans, elle est également récipiendaire du premier prix du Concours International Leschetizky de New-York en 1984 (ce qui lui vaut de jouer à la salle Weill du Carnegie Hall). Tout au long de sa carrière, Anne-Marie Dubois a donné plus de cinq cents concerts à Paris, New York, Beijing, Lisbonne, Buenos Aires, Montréal, Victoria, entre autres. Elle a été soliste aussi avec les orchestres les orchestres les plus importants du Québec : les Orchestres symphoniques de Montréal et de Québec, l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal; elle a aussi été l’invitée d’honneur de l’Orchestre de la Banco Mayo d’Argentine et de l’Orquestra Sinfónica da RDP du Portugal, ainsi que de l’Orchestre Symphonique d’Extremadura en Espagne.

Les disques d’Anne-Marie Dubois pour les labels SNE et Eclectra lui ont valu des critiques élogieuses et une nomination au prix Opus. Un nouveau disque sera enregistré en juin prochain pour la compagnie de disques Octave.


Notes analytiques
Jacques Hétu (né en 1938), Sur les rives du Saint-Maurice, op. 78 (2008)
Création mondiale

Né à Trois-Rivières, Jacques Hétu est l’un des compositeurs canadiens les plus joués, tant au Canada qu’à l’étranger. Il étudia la composition auprès de Clermont Pépin, Henri Dutilleux et Olivier Messiaen. Les œuvres de Hétu incluent quatre symphonies, des concertos, des œuvres pour orchestre, des œuvres pour voix et orchestre, un opéra, ainsi que plusieurs œuvres de musique de chambre. Hétu accorde une place importante au lyrisme, à la poésie, à l'émotion et à la cohérence du discours, les éléments de son style pourraient se définir ainsi : formes néo-classiques et expression néo-romantique dans un langage utilisant les techniques du XXe siècle. Jacques Hétu fut élu membre de la Société royale du Canada (1989), nommé Officier de l'Ordre du Canada (2001) et Officier de l’Ordre national du Québec (2007). Sur les rives du Saint-Maurice est une commande de l’OSTR pour les fêtes du 375e anniversaire de la fondation de la ville de Trois-Rivières.

Prologue - Fanfare festive; splendeur du paysage et tourbillon des eaux : la rivière se scinde en trois pour créer la Ville. Les Temps anciens - À l’aube, à l’orée du bois, près de la rivière, un hymne annonce l’arrivée des explorateurs et des missionnaires; puis les chants d’oiseaux présagent ceux des amérindiens; tous se rassemblent en un cortège qui s’estompe rapidement dans le brouillard. Les Temps modernes - Le jour s’est levé. Balade en amont sur les rives; légère ondulation des eaux puis grondement des cascades. Évocation d’abord lointaine des Forges ; graduellement, le bourdonnement se rapproche puis éclate : les feux et les lueurs éblouissantes du haut fourneau projettent des ombres terrifiantes engendrant « la fontaine du diable ». Épilogue - Accalmie : souvenir des ancêtres. Retour graduel vers le tumulte de la Ville en Fête.

Les éléments musicaux de ce poème symphonique se juxtaposent en quatre sections regroupées en deux parties jouées sans interruption : A - 1) (Allegro) Fanfare de la Fête (cuivres et percussion) - Transition : atmosphère nocturne - 2) (Allegretto) - Caractère de marche pour l’hymne des ancêtres (bassons et clarinettes) - Évocation des oiseaux (bois) - Le dessein des cordes symbolise les mouvements de l’eau. - Chant des amérindiens (cor anglais) - Court développement en crescendo vers le retour des deux thèmes superposés formant le tutti du cortège; coda en decrescendo.
B - 3) (Allegro) - Les couleurs lumineuses de l’orchestre exposent le motif de la forge aux bois - Épisodes en canons entrecoupés d’appels des cors. - Transition : rumeurs confuses qui se rapprochent jusqu’à l’éclatement des trompettes : développement du motif de la forge, joyeuse envolée des cors. - 4) (Moderato) - Rappel nostalgique de l’hymne des ancêtres (cordes) - Retour graduel des cuivres - Reprise variée de la fanfare initiale (Piu Allegro) - Un dernier énoncé vigoureux de l’hymne précède la coda (Vivace).

Par Jacques Hétu 

Dimitri Chostakovitch (1906-1975), Ouverture de fête, op. 96 (1954)
Interprété pour la première fois par l’OSTR

Né au lendemain de la défaite de la Russie contre le Japon à la suite de la guerre opposant les deux empires, Chostakovitch a connu la Révolution bolchevique de 1917, puis l’abdication du tsar Nicolas II en 1922, en plus de vivre la naissance et l’essor de l’URSS. Victime de la censure imposée par le régime stalinien, il a su la contourner par des compromis et par une certaine ironie qui n’a pas toujours été détectée par les dirigeants soviétiques. Après le décès de Staline, l’URSS laisse plus de liberté à sa population et à ses artistes. Étrangement, Chostakovitch ne semble pas profiter de cette accalmie pour composer plus audacieusement. Sa musique se fait même plus conservatrice qu’au temps de la censure, comme en témoigne l’Ouverture de fête commandée pour le 37e anniversaire de la révolution bolchevique. Loin des harmonies menaçantes entendues dans les œuvres symphoniques des années 1930 et 1940, l’Ouverture commence et se termine par un chœur de cuivres aux accents victorieux. On reconnaît certains éléments du langage de Chostakovitch dans les gammes rapides et les notes répétées du premier thème, de même que dans le lyrisme du deuxième thème exposé aux violoncelles. L’allégresse contagieuse du premier thème conclut une des rares œuvres simples et joyeuses de Chostakovitch.

Serge Rachmaninov (1873-1943) Concerto pour piano no 2 en do mineur, op. 18 (1900-1)
Interprété pour la dernière fois par l’OSTR en 2002

Après avoir connu des débuts prometteurs en tant que compositeur et pianiste, Sergei Vasilyevich Rachmaninov reçoit le flop monumental de sa Symphonie no 1 en 1897 avec beaucoup de difficulté. Massacrée lors de la première par un chef d’orchestre aux « facultés affaiblies » (l’anecdote d’un Glazunov éméché est confirmée par plusieurs documents d’époque…) son œuvre n’échappe pas à l’impitoyable critique. Rachmaninov sombre alors dans l’alcool; conscient de son état, il se déclare incapable de composer. Au tournant du siècle, ses mains tremblent tellement qu’il doit renoncer à ses tournées comme pianiste de concert. Commencent alors des traitements d’hypnose avec le docteur Dahl, qui lui suggère à chaque séance que sa guérison se fera en composant un remarquable concerto. Rachmaninov suit ce judicieux conseil et compose son Concerto pour piano no 2 qu’il dédie au docteur Dahl. La création de l’œuvre complète a lieu à Moscou, le 9 novembre 1901 (calendrier grégorien) sous la baguette d’Aleksandr Ilic Ziloti, ancien professeur de Rachmaninov au Conservatoire de Moscou. C’est Rachmaninov lui-même, définitivement guéri de son alcoolisme, qui interprète la partie de piano solo. Typique du talent mélodique et harmonique de Rachmaninov, le Concerto no 2 impose au pianiste des difficultés techniques, mais toujours au service des idées musicales d’un romantisme poignant. L’orchestre y joue un rôle qui va au-delà du simple accompagnement, exposant à plusieurs reprises les thèmes magnifiques qui seront développés au piano. Suite au succès de ce concerto, Rachmaninov retrouvera sa confiance et poursuivra une carrière florissante jusqu’à sa mort.

Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893), Ouverture 1812, op. 49 (1880)
Interprété pour la dernière fois par l’OSTR en 2001

Dans les années 1880, la réputation de Tchaïkovski commence à s’étendre à l’étranger et c’est à cette époque qu’il compose, entre autres, le Concerto pour piano no 2, Capriccio italien et l’Ouverture 1812. C’est lors de la consécration de la Cathédrale du Christ Sauveur de Moscou, construite pour commémorer la guerre contre Napoléon, que l’Ouverture 1812 a été créée. Tchaïkovski compose une musique descriptive, employant les effets et les citations musicales pour mieux illustrer la bataille historique opposant les Français, représentés par leur hymne national, et les Russes, représentés par un chant militaire et l’hymne « Dieu sauve le Tsar ». Les hymnes russes et français se font littéralement la guerre, puis l’ampleur prise par l’hymne impérial annonce la victoire de la Russie qui se concrétise par les coups de canon et le tintement triomphal des cloches. Au fil des ans, Tchaïkovski reniera ou défendra son œuvre, tout comme la critique et le public du 20e siècle. On peut toutefois difficilement dénigrer la parfaite maîtrise du compositeur, tant dans l’orchestration que de dans la structure ; l’Ouverture 1812 est une pièce enthousiasmante qui démontre tout le brio dont est capable Tchaïkovski. 

Par Claire-Émilie Calvert
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