OSTROrchestre symphonique de Trois-Rivières : 29e saison
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Concerts

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Série Beaux dimanches

Chloé Sainte-Marie en symphonie

Dimanche 11 octobre 2009 à 14 h 30
Salle J.-Antonio-Thompson
Jacques Lacombe chef d’orchestre
Chloé Sainte-Marie voix 
Réjean Bouchard guuitare

Intimiste et délicieusement poétique, ce concert célébrera l’amour des mots et les mots de l’amour. Artiste entière et libre, Chloé Sainte-Marie porte bien haut la parole des poètes, dont elle livre ici un florilège qui, pour une première fois, se drapera de symphonie.

Concert présenté en collaboration avec le Festival International de la Poésie.

Concert présenté dans le cadre du 375e de Trois-Rivières.

Achat
Au programme
Ralph Vaughan Williams
Fantaisie sur le thème de « Greensleeves »
Florent Schmitt
Soirs, opus 5
Chansons issues du répertoire de Chloé Sainte-Marie
La Chamaille — Parasitaire — Toi la mordore — Sentant la glaise — Faire Terre —
E pamuteian e peikussian - Innu — Ce mode sans issue — Iame — Méditation — Mon bel amour
Une présentation
Causerie pré-concert
Causerie préconcert animée par Louise Hamel à 14 h au foyer Gilles-Beaudoin.
Une présentation d'Hydro-Québec.
Notes biographiques
Jacques Lacombe
Chef d'orchestre
Originaire de Trois-Rivières, Jacques Lacombe a conquis la scène internationale grâce à sa grande polyvalence, lui permettant d'exceller aussi bien dans les répertoires d’orchestre, de ballet ou d'opéra, ainsi qu'à sa remarquable habileté à communiquer l'esprit des œuvres.

Directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières depuis 2006, il a auparavant occupé les postes de premier chef invité de l'Orchestre symphonique de Montréal, directeur musical et artistique de la Philharmonie de Lorraine (France), chef assistant de Charles Dutoit à l'OSM et chef d'orchestre attitré et directeur musical des Grands Ballets Canadiens.

Invité par de nombreux orchestres et maisons d'opéra de prestige, maestro Lacombe s’est notamment produit au Metropolitan Opera de New York, au Covent Garden, au Deutsche Oper Berlin et au Teatro Regio de Turin. Il a eu l'occasion d'accompagner plusieurs artistes de renommée internationale, tels que Yo-Yo Ma, Roberto Alagna et Frederica Von Stade. Il a également enregistré à plusieurs reprises pour la radio, la télévision et le disque.

Jacques Lacombe a reçu sa formation musicale au Conservatoire de musique du Québec de Trois-Rivières et de Montréal, ainsi qu'à l'Académie de musique de Vienne, dont il est diplômé en direction d'orchestre et en direction chorale. Il a étudié avec Karl Oesterreicher, Raffi Armenian, Günther Theuring, Harald Goertz et Raymond Daveluy.
Pour plus de renseignements sur Jacques Lacombe: www.jacqueslacombe.com


Chloé Sainte-Marie en symphonie
voix
Chloé Sainte-Marie a débuté sa carrière au cours des années 1980, comme actrice et c’est en 1989 qu’elle s’ouvre à la chanson ; elle interprète avec François Guy la chanson thème du film Cinéma, cinéma célébrant les 25 ans de la section francophone de production de l’Office National du Film et les 50 ans de l’organisme. Elle s’implique aussi comme actrice et chanteuse dans le docu-fiction Vive Québec. Puis, un premier album est enregistré en 1993, L’emploi de mon temps. En 1999, son second album, Je pleure, tu pleures récolte six nominations au gala de l’ADISQ, de même que l’admiration d’un public qui découvre une chanteuse en symbiose avec la poésie québécoise et les cultures autochtones.

En français, en anglais, en innu, et en inuktitut, Chloé Sainte-Marie révèle sa vraie couleur, sincère et authentique. En 2002, ses « chansons-poèmes » empreintes d’humanité finissent de conquérir le public et la critique avec une œuvre inspirée, l’album Je marche à toi, gagnant du Félix Album de l’année – Folk contemporain au gala de l’ADISQ 2003. L’année suivante, l’interprète entame une tournée France, en Suisse et en Belgique, où elle récoltera encore plusieurs honneurs. Toujours dans un esprit de collaboration et de communication, l’album Parle-moi paraît en 2005 et gagne le Félix du Spectacle de l’année – Interprète. L'album inclut cette fois-ci un texte en langue mohawk et réunit des textes des poètes Joséphine Bacon, Gilles Carle, Patrice Desbiens, Roland Giguère, Alexis Lapointe et Gaston Miron. Les textes sont portés par la musique de Gilles Bélanger et François Guy, deux collaborateurs de longue date. La carrière artistique florissante de Chloé Sainte-Marie ne l’empêche pas de prendre le temps de porter le drapeau de la cause des aidants naturels. Son conjoint Gilles Carle est atteint de la maladie de Parkinson, une situation difficile dont témoigne le documentaire de Charles Binamé, Gilles Carle ou l'indomptable imaginaire (2005).

Son plus récent album Nitshisseniten e tshissenitamin à peine lancé, l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières accueille avec grand plaisir une artiste à la voix unique qui sait rendre la poésie accessible, colorée et magique.

Notes analytiques
Par Claire-Émilie Calvert

Ralph Vaughan Williams (1872-1958), Fantaisie sur le thème de « Greensleeves » (1934)
Interprété pour la dernière fois par l’OSTR en 1999

Digne représentant du nationalisme musical britannique, Ralph Vaughan Williams a été profondément marqué par le folklore et la musique religieuse de son pays. En effet, vers le début du 20e siècle, Vaughan Williams entreprend une démarche qui contribuera à nourrir son langage musical; tout en voyageant, il recueille et compile des chansons du folklore anglais. Il développe aussi son style en tant qu’éditeur de l’English Hymnal (1906) et harmonise lui-même quelques titres. Entre l’ancien et le moderne, le langage musical de Vaughan Williams combine des harmonies riches et un contrepoint limpide. La Fantaisie sur le thème de « Greensleeves » est en fait l’arrangement par Ralph Greaves d’un intermède tiré de l’opéra de Vaughan Williams, Sir John in Love (1924-1928). La Fantaisie débute par une courte introduction de la flûte qui ébauche le thème en cadences descendantes. Puis, la mélodie devenue intemporelle est jouée par les cordes, accompagnées d’une harpe, dont le jeu arpégé peut rappeler celui du luth. La section centrale s’inspire d’une chanson traditionnelle du Norfolk, Lovely Joan, provenant directement du catalogue de musique folklorique recueilli par Vaughan Williams.

Florent Schmitt (1870-1958), Soirs opus 5 (1890-1896)
Interprété pour la première fois par l’OSTR
Malgré plus de 135 opus à son catalogue, Florent Schmitt est malheureusement trop méconnu du public, compte tenu de son impact sur la vie musicale de son époque. Étudiant au Conservatoire de Paris, où il fut élève de Massenet et Fauré, il reçoit le Grand Prix de Rome (1900) en plus d’être cofondateur de la Société Musicale Indépendante avec, notamment, Maurice Ravel et Gabriel Fauré. Directeur du Conservatoire de Lyon de 1921 à 1924, il a aussi été chroniqueur du journal Le Temps durant dix ans (1929-1939). Sa longue vie lui a permis de voyager et de composer dans tous les genres, sauf l’opéra. Son langage musical ne se laisse pas facilement classer. Florent Schmitt a souvent été dénoncé par ses pairs comme un réactionnaire, car il n’a pas suivi les préceptes de l’avant-garde française. Toutefois, s’il privilégie les formes traditionnelles et les harmonies impressionniste ou romantiques, ses mélodies aux sonorités orientales et son utilisation d’une rythmique primitive, presque violente – dans sa Tragédie de Salomé notamment – ont réellement inspiré Stravinsky pour son Sacre du printemps. Dans son Histoire de la Musique, Robert Bernard décrit avec éloquence la musique de Florent Schmitt : « Puissance et légèreté, laconisme et ampleur, pondération classique et hardiesse du vocabulaire, émotion et esprit, alternance de violence, de vivacité et de calme méditatif ». D’abord sous forme de préludes pour piano, puis dans une orchestration somptueuse du compositeur, Soirs opus 5 est représentatif du style personnel de Schmitt, même si l’œuvre de jeunesse résonne encore des conseils de ses professeurs Massenet et Fauré. Les titres de chaque prélude évoquent clairement la poésie sublime de Charles Baudelaire.
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