Série Grands concerts
Ode à la beauté du monde
Samedi 15 mai 2010
à 20 h
Salle J.-Antonio-Thompson
Jacques Lacombe chef d’orchestre
Marie-Josée Simard vibraphone et marimba
Leslie Ann Bradley soprano
Choeur de l'OSTR
Raymond Perrin chef de chœur
Guy Lavigne chef de choeur adjoint
« Beauté, c'est Vérité, Vérité, c'est Beauté, voilà tout ce que vous savez sur terre, tout ce qu'il vous faut savoir. » – John Keats
La saison 2009-2010 s’achèvera avec envergure et panache. Jacques Lacombe dirigera la fresque chorale de Holst sur un poème de Keats, dont le lyrisme et la majesté seront mis en valeur par la soprano Leslie Ann Bradley et le chœur de l’OSTR. La percussionniste Marie-Josée Simard déploiera son éblouissante virtuosité dans la création mondiale du Concerto pour vibraphone et marimba de François Bourassa.
Notes biographiques
Jacques Lacombe
Chef d'orchestre
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Originaire de Trois-Rivières, Jacques Lacombe a conquis la scène internationale grâce à sa grande polyvalence, lui permettant d'exceller aussi bien dans les répertoires d’orchestre, de ballet ou d'opéra, ainsi qu'à sa remarquable habileté à communiquer l'esprit des œuvres.
Directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières et directeur musical désigné du New Jersey Symphony Orchestra, Jacques Lacombe deviendra le nouveau directeur musical de cet orchestre en septembre 2010 pour un mandat de trois ans. Il a auparavant occupé les postes de premier chef invité de l'Orchestre symphonique de Montréal, directeur musical et artistique de la Philharmonie de Lorraine (France), chef assistant de Charles Dutoit à l'OSM et chef d'orchestre attitré et directeur musical des Grands Ballets Canadiens. Invité par de nombreux orchestres et maisons d'opéra de prestige, maestro Lacombe s’est notamment produit au Metropolitan Opera de New York, au Covent Garden de Londres, au Deutsche Oper Berlin et au Teatro Regio de Turin. Il a eu l'occasion d'accompagner plusieurs artistes de renommée internationale, tels que Yo-Yo Ma, Roberto Alagna et Frederica Von Stade. Il a également enregistré à plusieurs reprises pour la radio, la télévision et le disque.
Pour plus de renseignements sur Jacques Lacombe:
www.jacqueslacombe.com
Marie-Josée Simard
Vibraphone et marimba

La canadienne Marie-Josée Simard entreprend l’étude du vibraphone à l’âge de onze ans. Elle continue sa formation au Conservatoire de musique de Montréal et elle devient la première femme diplômée en percussion au Canada, obtenant un premier prix à l’unanimité. Elle se perfectionne par la suite à Londres, sous la direction de James Blades et Michael Skinner, et à New York auprès du réputé marimbiste Leigh Howard Stevens.
Son engagement profond pour l’avancement de sa discipline a retenu l’attention de plusieurs compositeurs réputés qui collaborent régulièrement avec elle et qui ont composé plus de 25 oeuvres pour elle, toutes radiodiffusées ou enregistrées et largement diffusées au Canada et à l’étranger. Ayant elle-même transcrit plus d’une quinzaine de pièces pour ses instruments de prédilection, le marimba, le vibraphone et le xylophone, Marie-Josée Simard a grandement contribué à élargir le répertoire pour percussions.
Toujours à la recherche de nouvelles sonorités, Marie-Josée Simard poursuit un travail soutenu en musique de chambre avec d’autres instruments tels que la flûte, l’accordéon classique, le violon et la clarinette. Sa discographie démontre son habileté à interpréter aussi bien des oeuvres contemporaines que du répertoire plus traditionnel.
Parmi ses nombreuses prestations publiques, mentionnons le concert donné en 1984 par l’Orchestre symphonique de Toronto en l’honneur de la reine Élisabeth II et du duc d’Édimbourg, lors duquel elle fut soliste invitée, et le concert-bénéfice pour le Metropolitan Opera de New York où elle représentait, en 1992, le Canada.
Reconnue comme une interprète exceptionnelle des instruments de percussion, Marie-Josée Simard a été entendue dans de nombreux concerts au Canada, au Mexique, à Paris, à New York, en Pologne et en Belgique, ainsi qu'en tournée en Corée et en Chine, et elle s'est forgée une réputation d'excellence sur les scènes nationale et internationale depuis maintenant 25 ans.
Leslie Ann Bradley
Soprano
Grande lauréate de la 24e édition du Concours annuel de l’OSTR, Leslie Ann Bradley est diplômée en interprétation et en opéra de l'Université de Toronto. Boursière de la Fondation Jacqueline Desmarais, elle a remporté le deuxième prix de la finale régionale du Concours du Metropolitan Opera tenue à Boston en 2004. Elle a aussi remporté le premier prix du concours des Journées de la musique française à Montréal, ce qui lui vaudra dès cette année une tournée d'auditions dans divers théâtres lyriques en France.
Leslie Ann Bradley, qui a suivi des classes de maître données par Ben Heppner et Martin Isepp. Elle a tenu plusieurs rôles sur scène dont ceux de la Reine de la nuit (Die Zauberflöte) et de Norina (Don Pasquale) à l'Opéra de Saskatoon et de Fiordiligi (Cosi fan tutte), Donna Anna (Don Giovanni) et la comtesse (Le Nozze di Figaro) au festival lyrique de Monadnock, en tant que lauréate du concours du Met.
Raymond Perrin
Chef de choeur

D’abord formé comme organiste aux conservatoires de Trois-Rivières et de Strasbourg, Raymond Perrin a bénéficié, pour la direction chorale, de l'enseignement de Jose Aquino (France) et de Hermann Max (Suisse). Professeur agrégé à l'Université de Montréal, il y est également responsable des activités chorales depuis septembre 2004. Il dirige la chorale du Conservatoire de Trois-Rivières, où il enseigne aussi l’orgue. Comme chef de chœur, il a, par le passé, assumé la direction de la Maîtrise du Cap, des chœurs de l'Université du Québec à Trois-Rivières, de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières et du Grand Chœur du Festival de Lanaudière.
Outre ses activités de chef de chœur, Raymond Perrin est également compositeur, arrangeur et accompagnateur. On le connaît également comme arbitre en chef de la Ligue d’improvisation à l’orgue du Québec, laquelle a présenté l’improvisation et l’orgue en général sous un nouveau jour aux publics du Québec et de France. En 1998, Raymond Perrin fonde l’ensemble Vocalys en faisant appel aux meilleures voix de la région de la Mauricie.
Notes analytiques
Notes de François Bourassa, compositeur
Il y a environ quatre ans, j’ai eu le plaisir d’interpréter avec la percussionniste Marie-Josée Simard des pièces pour vibraphone que j’avais composées avec le soutien du Conseil des Arts du Canada. De cette première et fructueuse collaboration est née l’idée de composer les Trois Jazettes concertantes.
De quelques notes, ma première composition pour orchestre symphonique est maintenant devenue réalité grâce à l’initiative de Marie-Josée Simard et à l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec. Rompu à l’art de l’improvisation, mais très peu familier à celui de l’orchestration, ce projet a représenté un défi de taille puisque j’ai dû m’astreindre à écrire, dans les moindres détails, une partition pour une soixantaine de musiciens. Néanmoins, le talent et l’enthousiasme de Marie-Josée Simard m’ont inspiré cette œuvre ayant la forme d’un concerto amalgamant diverses influences dont, évidemment, le jazz et la musique classique du 20e siècle. L’auditeur reconnaîtra les contrastes, les couleurs sonores et les différentes rythmiques qui font partie de mon style musical; tandis que l’écriture des solos de marimba et de vibraphone est le résultat de plusieurs rencontres avec Marie-Josée Simard pour qui cette œuvre a été écrite. Les Trois Jazettes concertantes sont formées d’autant de mouvements dont l’atmosphère est évoquée dans leur titre : en émoi, réflexive et en exil.
Notes analytiques par Claire-Émilie Calvert
George Gershwin (1898-l937), Lullaby (vers 1919)
Œuvre interprétée pour la première fois par l’OSTR
Bien qu'il ait déjà présenté son premier spectacle à Broadway en 1919, George Gershwin continue d'étudier l'harmonie et le contrepoint avec Edward Kilenyi Sr. à New York. C'est donc possiblement pour peaufiner ses techniques d'écriture que Gershwin compose Lullaby. Malgré que la berceuse fût jouée quelques fois par les amis du compositeur lors de rencontres privées, la partition reste sur le bureau de son frère et collaborateur, Ira Gershwin, durant plusieurs années. C'est d'ailleurs ce dernier qui présentera le manuscrit à l'harmoniciste Larry Adler. Celui-ci en fera un arrangement pour harmonica et quatuor à cordes qu'il présentera au Festival d'Édimbourg en 1963. Ce n'est qu'en 1967 que Lullaby sera jouée dans sa forme originale pour quatuor à cordes et l'année suivante, l'oeuvre sera enfin publiée pour la première fois. La courte pièce démontre bien le talent de Gershwin pour amalgamer les genres; aux frontières du classique, du jazz et de la musique populaire, la berceuse est empreinte d'une agréable langueur blues, mais dans le cadre plus classique d'une forme ABA.
Gustav Holst (1874-1934), Première Symphonie Chorale, opus 41 (1923-24)
Œuvre interprétée pour la première fois par l’OSTR
Né d'une famille de musiciens, Holst apprend le piano et l'orgue avec ses parents. Il est aussi violoniste, tromboniste et chanteur. Travaillant et déterminé, Holst réussit à composer à travers ses nombreuses obligations d'enseignant, de directeur et de chef d'orchestre. Vers 1924, un don anonyme (on saura plus tard qu'il provenait du directeur de Rolls-Royce) lui laisse une certaine liberté financière et il peut enfin se consacrer entièrement à la composition. « C'est la première fois que je peux mener une vie de compositeur! », écrit Holst à ses amis. C'est à ce moment qu'il retravaille complètement les esquisses de sa Première Symphonie Chorale qui lui a été commandée par le Leeds Triennal Festival, où l'oeuvre sera créée en octobre 1925. Par ailleurs, le catalogue de Holst ne compte pas de deuxième symphonie chorale ni d'autres symphonies, mais plutôt des oeuvres symphoniques aux titres évocateurs – on pense aux Planètes – et cinq opéras.
La Première Symphonie Chorale s'appuie sur des textes de John Keats, un poète anglais du début du 19e siècle. Holst choisit des extraits variés parmi ses poèmes préférés qu'il met en musique sans véritable souci de continuité narrative. Un prélude précède quatre mouvements qui suivent un ordre très classique : un mouvement vif, un mouvement lent, un scherzo et un finale. De plus, Holst s'appuie sur la tradition musicale britannique, de Dowland à Elgar, en passant par Purcell. Ainsi, on retrouve dans la Première Symphonie Chorale une prédilection pour l'alternance majeur-mineur, une rythmique calquée sur la langue anglaise et une expressivité dans les mélodies qui sauront ravir même les auditeurs les plus désorientés face aux dissonances et à la violence de certains passages. De plus, Holst utilise les voix comme un groupe d'instruments véritablement intégré à l'orchestre et, lorsque ce dernier souligne le texte, il le fait avec délicatesse, sans être clairement descriptif, mais avec une subtilité toute britannique.
Selon John Keats, la poésie a le pouvoir de transformer l'être humain, l'amenant de l'obscurité vers la lumière. Holst, en choisissant la poésie de son compatriote, reprend donc ce message, impliquant implicitement que la musique peut être aussi rédemptrice.