La saison 2011-2012
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Concerts

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Série Grands concerts

Autour de Mendelssohn

Samedi 29 janvier 2011 à 20 h
Salle J.-Antonio-Thompson
Gilles Bellemare, chef d’orchestre émérite de l’OSTR
Ewald Cheung, violon et grand lauréat du 26e Concours de l’OSTR - cordes
Classe d’orchestre du Conservatoire de musique de Trois-Rivières

Les premières notes de la réjouissante Jaï, un mot qui dans la culture indienne exprime la joie et la victoire, donneront le ton à ce concert. Créée en 1830 dans le cadre des célébrations du tricentenaire de la Confession d’Augsbourg (le texte fondateur du luthéranisme), la Cinquième Symphonie de Mendelssohn se fait tout autant solennelle et grave que chantante et mélodieuse. La finale triomphale sera rendue avec une rare ampleur sous l’égide de Gilles Bellemare qui sera appuyé d’un orchestre augmenté de la classe d’orchestre du Conservatoire de musique de Trois-Rivières. Ce concert sera également l’occasion pour le public de renouer avec Ewald Cheung, grand lauréat du 26e Concours de l’OSTR.
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Au programme
Stewart Grant
Jaï
Jean Sibelius
Concerto pour violon et orchestre en ré mineur, opus 47
Félix Mendelssohn
Symphonie no 5 en ré mineur « Réformation »
Une présentation
Causerie pré-concert
Causerie Hydro-Québec animée par Louise Hamel à 19 h 15 au foyer Gilles-Beaudoin.
Notes biographiques
Gilles Bellemare
Chef d'orchestre

Gilles Bellemare amorça ses études musicales en percussion, écriture musicale et composition au Conservatoire de musique de Trois-Rivières. Boursier des gouvernements canadien et québécois, il poursuivit sa formation dans deux des plus célèbres institutions d’enseignement musical européennes, le Hochschule fur Musik und Darstellende Kunst de Vienne et l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia de Rome.

Sa compréhension de la musique et sa sensibilité lui assurent une direction équilibrée et lumineuse. Sa forte personnalité musicale et ses exigences du respect de l’œuvre font de ses interprétations des instants de grande générosité, de cohérence et d’intensité. Soutenu par une gestique sobre, il communique, aux musiciens et aux spectateurs, la profondeur de l’œuvre et l’émotion esthétique qui est à son origine.

Régulièrement invité à diriger des orchestres d’importance, Gilles Bellemare fut directeur artistique et chef attitré de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières durant vingt-sept années, à la suite desquelles il fut nommé chef d’orchestre émérite. Son répertoire couvre toutes les époques où la formation symphonique fut présente et il est responsable de la commande et de la création de plus de 40 œuvres symphoniques. En 2004, il a reçu du Conseil québécois de la musique, le prestigieux prix Opus de Directeur artistique de l’année.

Gilles Bellemare a signé les arrangements et les orchestrations de plusieurs oeuvres issues du folklore, de la chanson française ainsi que les oeuvres du regretté pianiste et compositeur André Mathieu, qu’il se consacre à restaurer. Récemment, il a signé Réjouissances, suite pour orchestre sur des airs traditionnels québécois créée par l’Orchestre symphonique de Montréal en décembre 2010.



Ewald Cheung
Violon
Ewald Cheung a commencé à étudier le violon dès l’âge de quatre ans, à l’École Suzuki d’Edmonton, sa ville d’origine. Il a par la suite étudié avec James Keene et il poursuit maintenant sa formation à l’Université McGill, sous la supervision du réputé violoniste Jonathan Crow.

Grand lauréat du 26e Concours de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières (2010), il s’est illustré lors de nombreux et prestigieux concours. Il a, notamment, remporté le Concours de musique du Canada (2001 et 2003), il a également été lauréat du Concours Standard Life de l’Orchestre symphonique de Montréal (2007), des Shean Strings (2009) et du Concours de concerto de McGill (2010). Ewald Cheung s’est produit à titre de soliste avec de nombreux orchestres symphoniques, dont ceux d’Edmonton, de Québec, de Calgary ainsi qu’avec l’Edmonton Youth Orchestra. Il a participé à des séries de concerts, dont celles de l’Edmonton Recital Society. Au cours de la saison 2010-2011, il jouera à Edmonton, à Hamilton, à Trois-Rivières et à Montréal. En tant que membre fondateur du quatuor à cordes Roddick, il a représenté le Canada au Concours international de quatuor à cordes de Londres en 2009. Le quatuor a participé à des séries de concerts à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, à Lachine et au Festival de musique d’été d’Orford.

En 2004, Ewald Cheung fut l’un des trois enfants prodiges qui ont fait l’objet du documentaire Minor Keys, réalisé par Mieko Ouchi et réalisé par l’Office national du film du Canada. Le documentaire a été diffusé sur les ondes de CBC dans le cadre de l’émission The Nature of Things animée par David Suzuki. Ewald Cheung est récipiendaire de la prestigieuse bourse d’études Lloyd Carr-Harris String de l’Université McGill et de celles de l’Anne Burrows Foundation, du Winspear Fund et de la Victoria Foundation.


Notes analytiques
Par Claire-Émilie Calvert
Stewart Grant (né en 1948)
Jaï, opus 20 (1991)
Oeuvre interprétée pour la première fois par l'OSTR

Né en Ontario, Stewart Grant a grandi à Montréal. Il étudie à la Faculté de musique de l’Université McGill ainsi qu’au Conservatoire de musique de Montréal, où il obtient un premier prix en hautbois à la fin de ses études. Après avoir joué pour différents orchestres canadiens, Grant se tourne vers la composition et la direction d’orchestre au début des années 1970. En 1978, il devient directeur musical de l’Orchestre symphonique de Lethbridge (Alberta) qu’il dirigea durant seize ans. Pendant ces années, Grant s’engage activement dans sa communauté en tant que musicien, pédagogue, chef d’orchestre et compositeur. Aussi il reçoit, en 1988, le prix Heinz Unger qui a pour but d’encourager et de mettre en valeur un chef d’orchestre canadien en début de carrière.

De retour au Québec au milieu des années 1990, Grant remplit son carnet de commandes grâce à plusieurs ensembles musicaux prestigieux, tels que l’Orchestre symphonique de Montréal, les Jeunesses musicales du Canada et le Quatuor Claudel. Ses oeuvres sont jouées en Amérique, en Europe et en Asie. Depuis 1999, il est aussi le directeur artistique de l’Orchestre symphonique des jeunes de l'Ouest-de-l'Île (Montréal).

Composée pour le 13e anniversaire de l’Orchestre symphonique de Lethbridge, Jaï est une courte pièce dont les sonorités cuivrées rappellent le jazz et qui transmet une gaieté contagieuse. D’ailleurs, le titre signifie « victoire » ou « joie » en sanskrit. Une musique vive et rythmée qui retentit comme une fanfare. 

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Jean Sibelius (1865-1957)
Concerto pour violon et orchestre en ré mineur, opus 47 (1904)
Oeuvre interprétée intégralement pour la première fois par l'OSTR

Sans intégrer directement le folklore de son pays, la musique de Sibelius possède indéniablement un caractère scandinave grâce à des harmonies modales, des mélodies lancinantes et des formes aussi rigoureuses que le climat de la Finlande. En 1902, alors que la composition d’oeuvres phares de son répertoire est déjà derrière lui, Sibelius entame la composition de son Concerto pour violon en ré mineur, un exemple éloquent de la puissance évocatrice de son langage musical.

Adolescent, Sibelius a pour ambition de devenir un violoniste virtuose, mais il est trop tard pour y arriver. Aussi, son Concerto pour violon semble composé pour une sorte d’incarnation idéalisée d’un « Sibelius-violoniste ». D’une virtuosité extraordinaire, la partition unit la délicatesse et la virilité et, l’orchestre, loin de s’en tenir à une fonction d’accompagnateur, déploie une variété d’atmosphères et de textures. Les timbres sont très typés : cordes vibrantes, bois forestiers, cuivres métalliques... Sibelius met aussi en valeur plusieurs instruments comme si l’orchestre voulait jouer le rôle du soliste. Les timbales et les bassons, notamment, grondent tout au long du concerto comme une ombre menaçante planant sur l’oeuvre. Le caractère obsédant des mélodies — tantôt glaciales, tantôt passionnées — de même que l’accompagnement tendu donnent à l’auditeur l’impression d’assister à un drame qui se terminera heureusement avec une vigueur et un humour étonnants. 

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Félix Mendelssohn (1809-1847)
Symphonie no 5 en ré mineur, opus 107, «Réformation» (1830)
Oeuvre interprétée pour la dernière fois par l'OSTR en 1982

En 1830, Mendelssohn entreprend de composer une symphonie inspirée par le tricentenaire de la Confession d’Augsburg, un des textes fondateurs du protestantisme. Après avoir échoué à intégrer l’oeuvre aux célébrations d’Augsburg, une opportunité survient en 1832 grâce à François-Antoine Habeneck et l’orchestre du Conservatoire de Paris. Cependant, après une seule répétition, les musiciens reprochent à Mendelssohn d’avoir écrit une musique trop intellectuelle et refusent de jouer la symphonie. Ce n’est qu’à l’automne suivant, à Berlin, que Mendelssohn dirigera son oeuvre qui ne convaincra ni le public, ni le compositeur. Ce dernier rangera donc le manuscrit pour le réviser ultérieurement et la symphonie ne sera publiée qu’en 1868, plus de vingt ans après la mort de Mendelssohn. Ainsi, bien qu’elle soit numérotée comme étant la cinquième, la Symphonie « Réformation » est chronologiquement la deuxième de son corpus symphonique.

La Symphonie no 5 s’ouvre sur un mouvement équilibrant parfaitement l’écriture chorale et contrapuntique, déjà maîtrisées par un Mendelssohn âgé d’à peine vingt ans. Il cite le Dresden Amen — une mélodie ascendante exécutée pianissimo à la fin de l’introduction — qui servira de fil conducteur dans toute la symphonie. Puis, à l’austérité du premier mouvement, Mendelssohn oppose la légèreté du second, plus court et enjoué. Le troisième mouvement, dont le lyrisme touchant est un parfait exemple du talent mélodique de Mendelssohn, mène sans pause au quatrième mouvement. L’hymne Ein feste Burg ist unser Gott (Notre Dieu est une solide forteresse), tout d’abord jouée par la flûte solo, sert de matériau de base à la construction du dernier mouvement. L’oeuvre s’achève sur l’hymne jouée par tout l’orchestre, comme un orgue grandiose invitant à la célébration. 

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