La saison 2011-2012
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Concerts

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Série Grands concerts

Les mille et une nuits

Samedi 5 mars 2011 à 20 h
Salle J.-Antonio-Thompson

Jacques Lacombe, chef d’orchestre
Marianne Fiset, soprano

« … une cantatrice aguerrie, à la voix saine, franche et généreuse, une voix pleine, sans complexes et naturellement puissante (…). Il est incroyable de constater à quel point Marianne Fiset, portée par la musique, se transforme et rayonne. » - Catherine Scholler, ResMusica (Paris)

Sous la baguette de Jacques Lacombe, exotisme, aventure et merveilleux teinteront cette odyssée au cœur du pays des mille et une nuits et de ses légendes millénaires. Comptant au nombre des artistes lyriques les plus en vue, Marianne Fiset deviendra la fascinante Shéhérazade, telle qu’idéalisée par Ravel. 

Jacques Lacombe consacrera le troisième volet de son émission À votre portée à Shéhérazade. Cette icône des contes des Mille et une nuits a inspiré nombre de créateurs, dont le compositeur Rimski-Korsakov. Cette émission sera diffusée le dimanche 27 février 2011 à 17 h sur les ondes et dans le site Internet de la Première Chaîne de Radio-Canada en Mauricie et au Centre-du-Québec (96,5 FM).

Le concert Les mille et une nuits sera d’ailleurs enregistré par Espace musique (104,3 FM à Trois-Rivières) et il sera diffusé ultérieurement dans le cadre des soirées classiques, animées par Michel Keable et présentées du lundi au jeudi à 20 h.

                        
   

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Au programme
Carl Nielsen
Aladin : 7 pièces, opus 34
Maurice Ravel
Shéhérazade
Nikolai Rimski-Korsakov
Shéhérazade, suite symphonique, opus 35
Causerie pré-concert
Causerie Hydro-Québec animée par Louise Hamel à 19 h 15 au foyer Gilles-Beaudoin.
Notes biographiques
Jacques Lacombe
Chef d'orchestre

Jacques Lacombe, chef d’orchestre
Originaire de Trois-Rivières, Jacques Lacombe a conquis la scène internationale grâce à sa remarquable habileté à communiquer l'esprit des œuvres ainsi qu'à sa grande polyvalence, lui permettant d'exceller aussi bien dans les répertoires symphonique, de ballet ou d'opéra.

Directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières depuis 2006, maestro Lacombe est devenu, en 2010, le premier chef d’orchestre québécois nommé au titre de directeur musical d’un orchestre américain : le New Jersey Symphony Orchestra. Il a auparavant occupé les postes de premier chef invité de l'Orchestre symphonique de Montréal, directeur musical et artistique de la Philharmonie de Lorraine (France), chef assistant de Charles Dutoit à l'OSM et chef d'orchestre attitré et directeur musical des Grands Ballets Canadiens.

Invité par de nombreux orchestres et maisons d'opéra de prestige, maestro Lacombe s’est notamment produit au Metropolitan Opera de New York, au Covent Garden de Londres, au Deutsche Oper Berlin et à l’Opéra d'État de Bavière. Il a eu l'occasion d'accompagner plusieurs artistes renommés, tels que Yo-Yo Ma, Yefim Bronfman, Lang Lang et Roberto Alagna. Il a également enregistré à plusieurs reprises pour la radio, la télévision et le disque.

Outre les orchestres symphoniques de Trois-Rivières et du New Jersey, maestro Jacques Lacombe dirigera, au cours des prochains mois, Roméo et Juliette de Gounod à l’Opéra de Philadelphie (février 2011), Ariadne auf Naxos de Strauss au Deutsche Oper Berlin (mars 2011), La Traviata de Verdi à l’Opéra de Vancouver (avril et mai 2011) et Le Cid de Massenet à l’Opéra de Marseille (juin 2011).



Marianne Fiset
Soprano
Applaudie par la critique comme « une grande voix de soprano lyrique d’une beauté exceptionnelle » (Opera Canada), Marianne Fiset est l’un des talents les plus prometteurs de sa génération. Gagnante du premier grand prix du Concours Musical International de Montréal de même que du prix Jean A. Chalmers pour le meilleur artiste canadien, du prix Joseph Rouleau pour le meilleur artiste québécois, du prix Poulenc de la mélodie française, du prix du public en mai 2007 ainsi que du premier prix au 20e Concours de l’OSTR, Marianne Fiset reçoit en 2008 le prix Opus de la découverte de l’année et elle est nommée Jeune soliste par les Radios francophones publiques (Radio France, Radio Suisse-Romande, RTBF Belgique et Radio-Canada). Continuant d’accumuler les succès, elle est consacrée Révélation Radio-Canada Musique 2008.

Diplômée du Conservatoire de musique de Québec et anciennement membre de l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Montréal, Marianne Fiset s’est produite à l’Opéra de Montréal et de Saskatoon, au Festival Vancouver, au Festival International du Domaine Forget, au Festival International de Lanaudière, au Festival Bel Canto de l’Orchestre symphonique de Montréal, ainsi qu’avec les Violons du Roy, l’Orchestre Métropolitain, l’Orchestre symphonique de Tours, le Vancouver Symphony Orchestra, le Toronto Symphony Orchestra et l'Orchestre symphonique de Québec. Elle a donné des récitals à Londres, Paris, Bruxelles, Genève, Vancouver, Montréal et Québec.

On peut entendre Marianne Fiset en solo sur un disque éponyme et sur Melodiya, tous deux enregistrés par Analekta, ainsi qu’au sein d’un trio de musique de chambre en compagnie du corniste Louis-Philippe Marsolais et du pianiste Michael McMahon, sous étiquette ATMA Classique.

Ses projets futurs comprennent, entre autres, des engagements avec l’Opéra de Marseille, l’Opéra de Montréal, le Calgary Opera, le Pacific Opera Victoria et l'Opéra Paris Bastille.

Notes analytiques
Par Claire-Émilie Calvert

Carl Nielsen (1865-1931)
Aladin (1918-1919)
Oeuvre interprétée pour la première fois par l'OSTR
 
Violoniste, chef d’orchestre et compositeur, Carl Nielsen a dominé la vie musicale danoise du début du 20e siècle. On lui doit un répertoire singulier et foisonnant comprenant, entre autres, six symphonies, trois concertos (violon, flûte et clarinette) et des musiques de scène. Parmi celles-ci , on compte Cupidon et le poète, ainsi qu’Aladin

En 1918, le Théâtre toyal de Copenhague produit une pantomime tirée des Contes des mille et une nuits sur un texte du poète Adam Oehlenschlager, l’auteur de l’hymne national danois. Le directeur du théâtre, Johannes Poulsen, engage Nielsen pour l’occasion, mais il charcute la musique sans merci au grand désarroi du compositeur qui demande de retirer son nom de la production. Nielsen remanie la partition quelques années plus tard pour en faire une suite orchestrale indépendante et c’est sous cette forme que l’oeuvre a acquis sa popularité. Les sept mouvements d’Aladin donnent à Nielsen la possibilité de démontrer plusieurs facettes de son écriture, opposant les ambiances fastueuses aux sonorités cristallines, représentant des épisodes mystérieux ou saisissants de vigueur. Une musique irrésistible qui fait voyager l’auditeur dans le confort de son fauteuil.

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Maurice Ravel (1875-1937)
Shéhérazade (1903)
Oeuvre interprétée pour la première fois par l'OSTR

Au début du 20e siècle, Ravel se joint aux Apaches, un groupe d’artistes avant-gardistes qui se rassemblent tous les samedis chez l’un ou l’autre de ses membres. C’est lors de ces joyeuses réunions parisiennes que Ravel rencontre le poète Tristan Klingsor. Le compositeur tombe sous le charme de trois textes du poète — eux-mêmes inspirés par la musique de Rimski-Korsakov — que Ravel réunit sous le titre Shéhérazade.

Tel qu’il l’a entendu lors de la création de l’opéra Pelléas et Mélisande de son compatriote Debussy, Ravel choisit de calquer le rythme musical sur le rythme irrégulier du texte et les lignes mélodiques suivent librement et naturellement la prosodie.

Pour "Asie", l’orchestre se fait caressant, étincelant; figurant tour à tour les parfums suaves, les paysages fabuleux et la beauté somptueuse de l’Orient. Dans "La Flûte enchantée", les chants de la voix et de la flûte s’entrelacent avec une grâce toute française. L’atmosphère du dernier mouvement baigne dans un exotisme sensuel, mystérieux jusqu’à l’ambiguïté; on pense ici au sous-texte de "L’Indifférent".

Shéhérazade est créée en 1904 sous la baguette d’Alfred Cortot et par la cantatrice Jeanne Hatto, à qui est dédié le premier mouvement. Le second porte la mention à Mme René de Saint-Marceaux qui dirigeait un des salons artistiques les plus courus de l’époque. Le troisième mouvement, quant à lui, est dédicacé à Mme Sigismond Bardac (née Emma Moyse) amante de Gabriel Fauré qui deviendra l’épouse de Debussy en 1908.

Entendez un extrait de cette oeuvre en cliquant ici.

Nikolai Rimski-Korsakov (1844-1908)
Shéhérazade, suite symphonique, opus 35 (1888)
Oeuvre interprétée pour la dernière fois par l'OSTR en 1988

La notice suivante ouvre la partition de Rimski-Korsakov : « Le sultan Shahriar, persuadé de la perfidie et de l'infidélité des femmes, a juré de mettre à mort chacune de ses épouses après la première nuit. Mais la sultane Shéhérazade réussit à sauver sa vie en le captivant par des histoires qu'elle lui racontât pendant mille et une nuits. Pris par la curiosité, le sultan remettait de jour en jour l'exécution de son épouse, et finit par y renoncer définitivement. Shéhérazade lui conta bien des merveilles, en citant les vers des poètes et les textes des chansons, et en imbriquant les histoires les unes dans les autres ».

Dans son autobiographie Journal de ma vie musicale, Rimski-Korsakov écrit au sujet de Shéhérazade : « Je pensais composer une suite symphonique en quatre parties, intimement liées par des thèmes et des motifs communs, mais se présentant comme un kaléidoscope d'images fabuleuses de caractère oriental ».

En effet, la musique de Rimski-Korsakov s’organise autour d’une structure assez classique, soit une oeuvre symphonique en quatre mouvements. Par contre, l’esprit rhapsodique inspiré par le sujet laisse la possibilité d’évoquer avec liberté un décor oriental : les mélodies penchent vers la modalité, les cadences du violon serpentent, le temps s’étire... La belle conteuse des nuits d’Arabie s’incarne dans une mélodie qui servira de fil conducteur à l’oeuvre. Cependant, Rimski-Korsakov refusait une interprétation trop littérale de Shéhérazade en évitant d’associer des motifs à des lieux ou des personnages. Il préférait parler d’une musique évocatrice, mouvante, dont les thèmes et les motifs se métamorphosent selon les situations. Malgré le désir du compositeur de supprimer les titres descriptifs de chaque mouvement, l’usage les a rendus incontournables et ils font office de guide à l’auditeur.

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