Par Claire-Émilie Calvert
Jacques Hétu (1938-2010)
Légendes, op. 76 (2008)
Oeuvre interprétée pour la première fois à l'OSTR
Né à Trois-Rivières en 1938, Jacques Hétu est l’un des compositeurs canadiens les plus joués à travers le monde par les orchestres les plus prestigieux de notre époque. Son langage musical démontre la poursuite d'une recherche sonore et structurelle tout en accordant une place primordiale au lyrisme et à la poésie. « Les éléments de son style pourraient se définir ainsi : formes néo-classiques et expression néo-romantique dans un langage utilisant les techniques du XXe siècle » (CMC). Une de ses dernières oeuvres,
Sur les rives du Saint-Maurice, a été commandée par l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières pour les fêtes du 375e anniversaire de la fondation de la ville. De la même manière, la radio française de Radio-Canada a commandé
Légendes, afin de souligner le 400e anniversaire de la ville de Québec, en 2008. Avec son habituelle finesse mélodique, Hétu raconte à sa façon trois légendes québécoises :
Alexis le trotteur,
Le diable au bal, sans oublier
La chasse-galerie.
Richard Wagner (1813-1883)
Siegfried-Idyll (1870)
Oeuvre interprétée pour la première fois à l'OSTR
Le matin du 24 décembre 1870, Wagner rassemble en secret une quinzaine de musiciens dans les escaliers menant à la chambre de sa femme. C’est l'anniversaire de Cosima et ils lui présentent son cadeau! Plus qu’une “simple” façon de souligner la fête de sa bien-aimée, c’est l’occasion pour Wagner de célébrer leur bonheur. Séparée du chef d’orchestre Hans von Bülow depuis 1866, Cosima a finalement obtenu le divorce en 1870 et épouse enfin Wagner, avec qui elle vit depuis plusieurs années.
En 1877, pour des raisons financières, Wagner se résigne à publier son œuvre en l’adaptant pour grand orchestre, malgré les réticences de Cosima.
Tribschen Idyll with Fidi's birdsong and the orange sunrise − le titre original jugé trop personnel pour la publication − fait référence au canton suisse où habitait alors la famille Wagner, au surnom Fidi, que Wagner et son épouse donnaient à leur fils Siegfried, ainsi qu’à la couleur baignant la chambre de Cosima lors des levers de soleil.
Musique intime et remplie de tendresse,
Siegfried-Idyll invite à la rêverie et au lyrisme, avec quelques passages pastoraux et plusieurs motifs qui rappellent l'opéra
Siegfried, composé durant la même période.

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Siegfried-Idyll en
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Franz Liszt (1811-1886)
Concerto pour piano et orchestre no 1 en mi bémol majeur (1855)
Oeuvre interprétée pour la dernière fois par l'OSTR en 2009
Comme plusieurs des œuvres de Liszt d’avant 1856, le
Premier concerto a été orchestré par un élève du flamboyant pianiste, Joachim Raff. En effet, passé maître dans l’écriture pour piano, Liszt ne révèlera ses talents d’orchestrateur que quelques années plus tard, dans
Les Préludes, notamment. Dès 1830, Liszt note dans un carnet ce qui allait devenir le thème principal de son premier concerto pour piano. Il en termine la composition en 1849 et plusieurs révisions ont suivi, la dernière datant d’un an après la création de l’œuvre, sous la direction d’Hector Berlioz avec le compositeur au piano. Les quatre sections du
Premier concerto s’enchaînent en un seul mouvement. Tout au long de l’œuvre, l’intensité dramatique n’a d’égale que l’intensité technique et ce, même dans les passages qui semblent improvisés. Morceau de bravoure typiquement lisztien, le
Premier concerto est aussi une œuvre cyclique, forme chère aux compositeurs romantiques. En effet, tout le matériau thématique provient des premières mesures et les thèmes entendus dans les différentes sections se transforment et réapparaissent. On peut difficilement passer sous silence la présence marquée du triangle dans l’Allegro vivace, présence souvent tournée en dérision, mais qui rappelle le caractère jovial, léger et gouailleur du pianiste hongrois.

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Concerto no 1 en
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Concerto pour piano et orchestre no 2 en la majeur (1857-1863)
Oeuvre interprétée pour la dernière fois par l'OSTR en 2006
« La vie et les aventures d’une mélodie »; c'est ainsi que William Foster Apthorp, un critique de la fin du XIXe siècle, décrit le
Deuxième concerto de Liszt. En effet, tout comme le
Premier concerto, le
Second se développe en un seul mouvement et à partir d'un thème principal se métamorphosant selon les différentes atmosphères des nombreuses sections qui s’enchaînent, mais de façon plus subtile que dans le
Concerto no 1. Bien que les passages virtuoses fassent partie intégrante du concerto, le piano et l'orchestre sont ici intimement liés, comme si Liszt avait voulu hybrider le concerto et la symphonie. De plus, l'orchestration variée permet à Liszt de démontrer toute sa maîtrise de la transformation thématique, à tel point que le thème principal est parfois méconnaissable. Sonorités rocailleuses ou caressantes, éclats flamboyants et envolées héroïques, la musique joue avec les émotions fortes, dans la plus pure tradition romantique.
Le
Concerto no 2 a été créé à Weimar le 7 janvier 1857 avec Liszt à la direction d'orchestre et le dédicataire Hans von Bronsart au piano.

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Concerto no 2 en
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Les Préludes (1848-1854)
Oeuvre interprétée pour la dernière fois par l'OSTR en 2000
En 1844, Liszt rencontre le poète français Joseph Autran, lors d’un banquet. Il décide rapidement de mettre quelques-uns de ses poèmes en musique sous la forme de quatre choeurs évoquant les quatre éléments de la nature (eau-terre-feu-air). Quelques années plus tard, il y ajoute une courte ouverture instrumentale, puis celle-ci est transformée peu à peu, devenant finalement une œuvre indépendante. La découverte du recueil « Nouvelles méditations poétiques », du poète Alphonse de Lamartine, offre à Liszt l'occasion de rebaptiser son œuvre selon un des poèmes du recueil.
Les Préludes est donc un poème symphonique, un genre typique de l’époque romantique qui consiste à s'inspirer d'une source extramusicale (une peinture, un texte, un lieu, etc.) pour composer une œuvre pour orchestre. Bien que l'inspiration « officielle » de Liszt soit survenue après la composition des
Préludes, la musique semble effectivement refléter les images vibrantes du poème de Lamartine. De surcroît, un extrait du poème retranscrit en prose par Liszt accompagne la partition: « Notre vie est-elle autre chose qu'une série de préludes à ce chant inconnu dont la mort entonne la première et la dernière note ? »
Comme dans plusieurs œuvres de Liszt, le matériau thématique initial (une sorte de réflexion philosophique musicale) se transforme au fil du poème symphonique. Parfois martiale, parfois lyrique, souvent passionnée, la musique fait une grande place aux effets brillants typiques de l'écriture lisztienne.
Les Préludes, de même que les 11 autres poèmes symphoniques composés à Weimar entre 1849 et 1858, sont dédicacés à la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein, la compagne de Liszt durant plus d'une décennie.

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Préludes en
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