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Concerts

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Serie Beaux dimanches

Alexandre Da Costa et Tchaikovski

Dimanche 19 février 2012 à 14 h 30
Salle J.-Antonio-Thompson
Gilles Bellemare, chef d’orchestre émérite de l’OSTR
Alexandre Da Costa, violon
Classe d’orchestre du Conservatoire de musique de Trois-Rivières

Interprète remarquable, le violoniste Alexandre Da Costa révélera l’ampleur de son talent dans le magnifique Concerto pour violon de Tchaïkovski. Placé sous l’habile direction de Gilles Bellemare, ce programme magnifiera la célébrissime Cinquième Symphonie du compositeur russe et Mirages, une œuvre de Jacques Hétu. 

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Au programme
Jacques Hétu
Mirages, opus 34
Piotr Ilyitch Tchaïkovski
Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, opus 35
Piotr Ilyitch Tchaïkovski
Symphonie no 5 en mi mineur, opus 64
Causerie pré-concert
Causerie Hydro-Québec animée par Francis Dubé à 13 h 45 au foyer Gilles-Beaudoin.
Cocktail Sinfonia
Cocktail Radio-Canada au foyer Gilles-Beaudoin pour les abonnés.
Notes biographiques
Gilles Bellemare
Chef d'orchestre emerite de l'OSTR
Gilles Bellemare amorça ses études musicales en percussion, écriture musicale et composition au Conservatoire de musique de Trois-Rivières. Boursier des gouvernements canadien et québécois, il poursuivit sa formation dans deux des plus célèbres institutions d’enseignement musical européennes, le Hochschule fur Musik und Darstellende Kunst de Vienne et l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia de Rome.

Sa compréhension de la musique et sa sensibilité lui assurent une direction équilibrée et lumineuse. Sa forte personnalité musicale et ses exigences du respect de l’oeuvre font de ses interprétations des instants de grande générosité, de cohérence et d’intensité. Soutenu par une gestique sobre, il communique, aux musiciens et aux spectateurs, la profondeur de l’oeuvre et l’émotion esthétique qui est à son origine.

Régulièrement invité à diriger des orchestres d’importance, Gilles Bellemare fut directeur artistique et chef attitré de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières durant vingt-sept années, à la suite desquelles il fut nommé chef d’orchestre émérite. Son répertoire couvre toutes les époques où la formation symphonique fut présente et il est responsable de la commande et de la création de plus de 40 œuvres symphoniques. En 2004, il a reçu du Conseil québécois de la musique, le prestigieux prix Opus de Directeur artistique de l’année.

Gilles Bellemare a signé les arrangements et les orchestrations de plusieurs oeuvres issues du folklore, de la chanson française ainsi que les oeuvres du regretté pianiste et compositeur André Mathieu, qu’il se consacre à restaurer. Il a d’ailleurs signé Réjouissances, suite pour orchestre sur des airs traditionnels québécois créée par l’Orchestre symphonique de Montréal en décembre 2010.

Professeur au Conservatoire de musique de Trois-Rivières depuis 1984, il est responsable des classes d’écriture musicale et de la classe d’orchestre.


Alexandre Da Costa
Violon
« C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je recommande un grand artiste que j’apprécie et supporte fermement, le violoniste Alexandre Da Costa. » — Rafael Frühbeck de Burgos, Musical America, Artiste de l’année 2010

« Le violoniste de 31 ans Alexandre Da Costa joue avec tellement de sensualité et montre toutes ses qualités : technique irréprochable, sensibilité et tempérament. »
— Neue Zürcher Zeitung, 19 Novembre 2010 (Zurich, Suisse)

Alexandre Da Costa est né à Montréal en 1979. Très jeune, il démontra un intérêt hors du commun pour le violon et le piano. Il donna ses premiers concerts à l’âge de neuf ans avec cette étonnante particularité d’exceller avec autant de virtuosité et de musicalité sur ces deux instruments, ce qui lui valu d’être reconnu comme un prodige de la musique. Sa carrière en tant que violoniste soliste débuta très jeune et il fût rapidement propulsé sur la scène comme soliste avec orchestre tout autant qu’en récital.

En 1998, à l’âge de 18 ans, il obtint une maîtrise en violon et un Premier Prix Concours au Conservatoire de Musique du Québec, ainsi qu’un baccalauréat spécialisé en interprétation piano à la Faculté de Musique de l’Université de Montréal. De 1998 à 2001, il étudia à la Escuela Superior de Musica Reina Sofia à Madrid, auprès de son mentor Zakhar Bron qui forma des violonistes tels Maxim Vengerov et Vadim Repin. En 2002, il remporta le Prix de la Fondation Sylva Gelber décerné par le Conseil des Arts du Canada à un artiste canadien exceptionnellement talentueux de moins de 30 ans. En 2003, il a remporté le prêt du « Stradivarius Baumgartner 1689 » du Concours de la banque d’instruments du Conseil des Arts du Canada. En 2010, il gagne le prestigieux Prix Virginia-Parker du Conseil des Arts du Canada, décerné par le Gouvernement canadien au musicien s’étant le plus distingué au Canada et à l’étranger.

Gagnant de nombreux premiers prix nationaux et internationaux, Alexandre Da Costa a donné plus de mille concerts et récitals en Amérique du Nord, au Mexique, en Europe, en Asie et au Royaume-Uni. Il a joué dans les plus grandes salles du monde, telles Musikverein de Vienne, Philharmonie de Berlin, Carnegie Hall de New York, Musikhalle de Hambourg, l’Auditorium National de Madrid, le PolyTheater de Beijing. Il a joué avec des orchestres prestigieux, tels l’Orchestre philharmonique Royal de Londres, l’Orchestre symphonique de Montréal, l'Orchestre philharmonique de Dresde, l’Orchestre philharmonique de Bergen, l’Orchestre symphonique de Berlin, l’Orchestre symphonique de Hambourg, l’Orchestre symphonique de Vienne, l’Orchestre philharmonique de Prague, l’Orchestre symphonique de Toronto, l’Orchestre philharmonique de Buffalo et l’Orchestre symphonique national de la radio & télévision d’Espagne.

Alexandre Da Costa a travaillé avec des chefs réputés, tels que Rafael Frühbeck de Burgos, Leonard Slatkin, Matthias Bamert, Günter Herbig, Pedro Halffter, Yannick Nézet-Séguin, Carlos Miguel Prieto, Adrian Leaper, Lior Shambadal, pour n’en nommer que quelques-uns. Ses enregistrements en direct ont été diffusés sur les ondes de BBC, WestDeutsche Rundfunk (WDR), Radio-Classical International, Radio-Canada (SRC & CBC), American NPR, Radio Nacional Española (RNE), Austria State Radio (ORF) and TV Asahi (Japon).

Il a enregistré 12 disques solos sous les étiquettes XXI-21, ATMA et Octave/Universal dont le premier enregistrement mondial des Concertos pour violon et orchestre des compositeurs portugais Luis de Freitas Branco et Armando José Fernandes avec l’Orchestre symphonique d’Extremadura, sous la baguette de Jesús Amigo, disque nominé aux prix JUNO 2006. En 2009, il a enregistré les concertos de Michael Daugherty avec l'Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction de Pedro Halffter, sous étiquette Warner. Il enregistre maintenant pour Warner Classics International, Acacia Classics/Universal Music Group et JVC/Victor (Japon).

En plus de ses activités de soliste, Alexandre Da Costa est professeur au Conservatoire de musique de Gatineau et il donne fréquemment des classes de maître dans plusieurs universités et conservatoires d’Europe et d’Amérique. Il fût également nommé Directeur du développement musical de la Fondation Canimex, un organisme ayant pour but d’aider des artistes talentueux par l’entremise de prêts d’instruments de grand prestige. Alexandre Da Costa joue sur le Stradivarius « Di Barbaro » de 1727 et un archet Sartory, prêtés par Canimex.

Notes analytiques
Par Claire-Émilie Calvert

Jacques Hétu (1938-2010)
Mirages, opus 34 (1981)
I. Vision - II. Tourbillon - III. Hymne - IV. Cortège - V. Final
Œuvre interprétée par l’OSTR pour la dernière fois en 2006

Mirages est décrite par le compositeur comme : « une paraphrase dérivée de [mes] œuvres précédentes ». Effectivement, Hétu réutilise sa propre musique non pas en la citant, mais comme autant de mirages pour l’oreille de l’auditeur. Selon Hétu, les sous-titres évocateurs de chacun des mouvements de Mirages servent à stimuler la « mise en scène de l’imagination ». En effet, le langage d’Hétu prend ici une couleur presque cinématographique, avec ses paysages variés et ses dialogues éloquents. Il juxtapose ou superpose habilement les textures les plus raffinées, de la sécheresse dissonante au lyrisme caressant, en passant par les masses sonores mystérieuses ou les silences imposants. Mirages est dédiée au réalisateur Gilles Groulx, avec qui Hétu a collaboré pour le film musical Au pays de Zom, dont le rôle principal était interprété par le chanteur lyrique Joseph Rouleau.

Pour entendre Mirages, cliquez ici


Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893)
Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, opus 35 (1878)
Œuvre interprétée par l’OSTR pour la dernière fois en 1993

En 1878, Tchaïkovski réside à Clarens, près du Lac de Genève, où il s’est réfugié suite à l’annulation d’un désastreux mariage et d’une tentative de suicide ratée. Là, il reçoit la visite de son ami violoniste Joseph Kotek qui lui présente une partition de la Symphonie espagnole pour violon et orchestre, une œuvre récente d’Édouard Lalo. Enchanté, Tchaïkovski décide de se consacrer à un concerto pour violon. Fortement inspiré, il compose le Concerto en ré majeur en seulement quelques semaines et, content de sa partition, il l’envoie au directeur du département des cordes du Conservatoire de Saint-Pétersbourg, Leopold Auer. Ce dernier déclare sentencieusement le Concerto injouable, ce qui aura pour effet de décourager les violonistes qui auraient aimé le créer. Finalement, un ancien collègue de Tchaïkovski au Conservatoire de Moscou, Adolf Brodsky, accepte de relever le défi, mais il mettra deux ans pour y parvenir... La première représentation aura lieu sous la baguette d’Hans Richter, avec l’Orchestre  philharmonique de Vienne en 1881. Malgré des critiques plutôt acerbes (« De la musique qui pue aux oreilles », écrit le critique viennois Eduard Hanslick), le brillant Concerto devient rapidement un favori du public et des violonistes qui peuvent le jouer! Effectivement, Tchaïkovski exige une virtuosité pyrotechnique du soliste, mais heureusement, il enchaîne aussi sans répit les mélodies suaves; équilibrant finesse et panache dans le premier mouvement, révélant toute sa mélancolie dans le second et achevant son œuvre avec une spectaculaire danse trepak.

Pour entendre un extrait du Concerto, cliquez ici


Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893)
Symphonie no 5 en mi mineur, opus 64 (1888)
Œuvre interprétée par l’OSTR pour la dernière fois en 2006

Composée onze ans après la Symphonie no 4, la Cinquième de Tchaïkovski ne rencontra pas tout de suite la faveur des critiques et fit même douter le compositeur de sa musique qu’il jugeait « trop confuse, trop compacte, manquant de sincérité… ». Pourtant, le public aima d’emblée cette œuvre symphonique et avec raison : du sombre Andante initial au Finale lumineux, la musique évolue avec une intensité expressive toute tchaïkovskienne.

Tout comme la Cinquième symphonie de Beethoven, la Symphonie no 5 de Tchaïkovski s’articule autour d’un thème auquel on pourrait donner un sens symbolique. Chaque mouvement dérive donc du thème presque funèbre entendu au tout début de l’œuvre, mais il prendra des formes variées que l’éclairage harmonique rendra souvent méconnaissable.

Tchaïkovski exploite dans cette œuvre chacune des sections de l’orchestre dans leurs spécificités caractéristiques : appels virils des cuivres, cordes caressantes, bois aux accents champêtres, etc. Le compositeur russe orchestre aussi de formidables tuttis, déployant toute sa passion slave teintée de dignité germanique, passion qui fait de sa musique un art si émouvant.

Après un premier mouvement présentant le thème fondamental sous plusieurs facettes, le deuxième mouvement, qui débute par une sorte de choral orthodoxe, met en scène l’un des plus bouleversants solos de cor du répertoire symphonique. Ce solo se transformera en duo d’amour avec le hautbois, puis en sublime célébration digne des plus grandes scènes d’opéra. Pour son troisième mouvement, au grand dam des puristes, Tchaïkovski substitue une somptueuse valse au traditionnel scherzo. Quant au Finale, Tchaïkovski y glisse une grandiose cadence qui incite parfois le public à applaudir, alors que le meilleur reste à venir : une version solennelle et lumineuse du thème initial en majeur! La longue coda s’accélère jusqu’à une série d’accords triomphaux qui rappellent les finales beethovéniennes et amène l’apothéose finale à un paroxysme de joie inoubliable.

Pour entendre un extrait de la Cinquième symphonie, cliquez ici
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Orchestre symphonique
de Trois-Rivières
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