Par Claire-Émilie Calvert
Jacques Hétu (1938-2010)
Mirages, opus 34 (1981)
I. Vision - II. Tourbillon - III. Hymne - IV. Cortège - V. Final
Œuvre interprétée par l’OSTR pour la dernière fois en 2006
Mirages est décrite par le compositeur comme : « une paraphrase dérivée de [mes] œuvres précédentes ». Effectivement, Hétu réutilise sa propre musique non pas en la citant, mais comme autant de mirages pour l’oreille de l’auditeur. Selon Hétu, les sous-titres évocateurs de chacun des mouvements de
Mirages servent à stimuler la « mise en scène de l’imagination ». En effet, le langage d’Hétu prend ici une couleur presque cinématographique, avec ses paysages variés et ses dialogues éloquents. Il juxtapose ou superpose habilement les textures les plus raffinées, de la sécheresse dissonante au lyrisme caressant, en passant par les masses sonores mystérieuses ou les silences imposants.
Mirages est dédiée au réalisateur Gilles Groulx, avec qui Hétu a collaboré pour le film musical
Au pays de Zom, dont le rôle principal était interprété par le chanteur lyrique Joseph Rouleau.

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Mirages, cliquez
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Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893)
Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, opus 35 (1878)
Œuvre interprétée par l’OSTR pour la dernière fois en 1993
En 1878, Tchaïkovski réside à Clarens, près du Lac de Genève, où il s’est réfugié suite à l’annulation d’un désastreux mariage et d’une tentative de suicide ratée. Là, il reçoit la visite de son ami violoniste Joseph Kotek qui lui présente une partition de la
Symphonie espagnole pour violon et orchestre, une œuvre récente d’Édouard Lalo. Enchanté, Tchaïkovski décide de se consacrer à un concerto pour violon. Fortement inspiré, il compose le
Concerto en ré majeur en seulement quelques semaines et, content de sa partition, il l’envoie au directeur du département des cordes du Conservatoire de Saint-Pétersbourg, Leopold Auer. Ce dernier déclare sentencieusement le
Concerto injouable, ce qui aura pour effet de décourager les violonistes qui auraient aimé le créer. Finalement, un ancien collègue de Tchaïkovski au Conservatoire de Moscou, Adolf Brodsky, accepte de relever le défi, mais il mettra deux ans pour y parvenir... La première représentation aura lieu sous la baguette d’Hans Richter, avec l’Orchestre philharmonique de Vienne en 1881. Malgré des critiques plutôt acerbes (« De la musique qui pue aux oreilles », écrit le critique viennois Eduard Hanslick), le brillant
Concerto devient rapidement un favori du public et des violonistes qui peuvent le jouer! Effectivement, Tchaïkovski exige une virtuosité pyrotechnique du soliste, mais heureusement, il enchaîne aussi sans répit les mélodies suaves; équilibrant finesse et panache dans le premier mouvement, révélant toute sa mélancolie dans le second et achevant son œuvre avec une spectaculaire danse
trepak.

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Concerto, cliquez
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Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893)
Symphonie no 5 en mi mineur, opus 64 (1888)
Œuvre interprétée par l’OSTR pour la dernière fois en 2006
Composée onze ans après la
Symphonie no 4, la
Cinquième de Tchaïkovski ne rencontra pas tout de suite la faveur des critiques et fit même douter le compositeur de sa musique qu’il jugeait « trop confuse, trop compacte, manquant de sincérité… ». Pourtant, le public aima d’emblée cette œuvre symphonique et avec raison : du sombre
Andante initial au
Finale lumineux, la musique évolue avec une intensité expressive toute tchaïkovskienne.
Tout comme la
Cinquième symphonie de Beethoven, la
Symphonie no 5 de Tchaïkovski s’articule autour d’un thème auquel on pourrait donner un sens symbolique. Chaque mouvement dérive donc du thème presque funèbre entendu au tout début de l’œuvre, mais il prendra des formes variées que l’éclairage harmonique rendra souvent méconnaissable.
Tchaïkovski exploite dans cette œuvre chacune des sections de l’orchestre dans leurs spécificités caractéristiques : appels virils des cuivres, cordes caressantes, bois aux accents champêtres, etc. Le compositeur russe orchestre aussi de formidables tuttis, déployant toute sa passion slave teintée de dignité germanique, passion qui fait de sa musique un art si émouvant.
Après un premier mouvement présentant le thème fondamental sous plusieurs facettes, le deuxième mouvement, qui débute par une sorte de choral orthodoxe, met en scène l’un des plus bouleversants solos de cor du répertoire symphonique. Ce solo se transformera en duo d’amour avec le hautbois, puis en sublime célébration digne des plus grandes scènes d’opéra. Pour son troisième mouvement, au grand dam des puristes, Tchaïkovski substitue une somptueuse valse au traditionnel scherzo. Quant au
Finale, Tchaïkovski y glisse une grandiose cadence qui incite parfois le public à applaudir, alors que le meilleur reste à venir : une version solennelle et lumineuse du thème initial en majeur! La longue coda s’accélère jusqu’à une série d’accords triomphaux qui rappellent les finales beethovéniennes et amène l’apothéose finale à un paroxysme de joie inoubliable.

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Cinquième symphonie, cliquez
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