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Concerts

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Serie Grands concerts

Marc-Andre Hamelin eblouit dans Busoni

Vendredi 6 avril 2012 à 20 h
Salle J.-Antonio-Thompson
Jacques Lacombe, chef d’orchestre
Marc-André Hamelin, piano

Chaque occasion d’apprécier l’art de Marc-André Hamelin constitue un événement musical. En ce Vendredi saint, le maître du piano propose une lecture inspirée d’une œuvre rare, le Concerto pour piano de Busoni. Placé sous la direction de Jacques Lacombe, ce concert, traversé de solennité, de sérénité et d’intensité spirituelle, permettra d’entendre l’Ode funèbre de Mozart, Le tombeau de Nelligan de Hétu et, l’œuvre ultime de Wagner, Parsifal.

Le Concerto pour piano de Busoni sera repris le 9 mai 2012 au Carnegie Hall de New York par Marc-André Hamelin et l’Orchestre symphonique du New Jersey, sous la direction de maestro Lacombe. 

Ce concert est présenté par Canimex.

Un court extrait de la répétition générale :
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Au programme
Wolfgang Amadeus Mozart
Ode funèbre en ut mineur (K. 477)
Jacques Hétu
Le tombeau de Nelligan, opus 52
Richard Wagner
Parsifal - Enchantement du Vendredi saint
Ferruccio Busoni
Concerto pour piano, opus 39
Une présentation
Causerie pré-concert
Causerie Hydro-Québec animée par Francis Dubé à 19 h 15 au foyer Gilles-Beaudoin.
Cocktail Sinfonia
Cocktail Radio-Canada au foyer Gilles-Beaudoin pour les abonnés.
Notes biographiques
Jacques Lacombe
Chef d'orchestre
Originaire de Trois-Rivières, Jacques Lacombe a conquis la scène internationale grâce à sa remarquable habileté à communiquer l'esprit des œuvres ainsi qu'à sa grande polyvalence, lui permettant d'exceller aussi bien dans les répertoires symphonique, de ballet ou d'opéra.

Directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières depuis 2006, maestro Lacombe est devenu, en 2010, le premier chef d’orchestre québécois nommé au titre de directeur musical d’un orchestre américain : le New Jersey Symphony Orchestra. Il a auparavant occupé les postes de premier chef invité de l'Orchestre symphonique de Montréal, directeur musical et artistique de la Philharmonie de Lorraine (France), chef assistant de Charles Dutoit à l'OSM et chef d'orchestre attitré et directeur musical des Grands Ballets Canadiens. Invité par de nombreux orchestres et maisons d'opéra de prestige, maestro Lacombe s’est notamment produit au Metropolitan Opera de New York, au Covent Garden de Londres, au Deutsche Oper Berlin et à l’Opéra d'État de Bavière. Il a eu l'occasion d'accompagner plusieurs artistes renommés, tels que Yo-Yo Ma, Yefim Bronfman, Lang Lang et Roberto Alagna.

Outre les orchestres symphoniques de Trois-Rivières et du New Jersey, maestro Jacques Lacombe dirigera prochainement l’Orchestre symphonique de Québec (mai 2012) et il fera ses débuts au Carnegie Hall de New York le 9 mai 2012.


Marc-Andre Hamelin
Piano
Le pianiste et compositeur Marc-André Hamelin est né à Montréal. Dès l’âge de 5 ans, il fait ses débuts au piano et, quatre ans plus tard, il étudie à l'école Vincent-d'Indy avec Yvonne Hubert et sœur Rita de la Croix. Puis, il poursuit son apprentissage à la Temple University de Philadelphie où ses maîtres sont Harvey D. Wedeen et Russell Sherman.

Parmi les faits saillants des dernières années, notons la série de concerts acclamés par la critique aux côtés des orchestres symphoniques de Boston, du Minnesota, d’Indianapolis et de San Francisco, les prestations au Lincoln Center de New York avec Louis Langrée, son apparition au Mostly Mozart Festival Orchestra dans la série de concerts Les Grands Interprètes, puis la tournée internationale suivie de l’enregistrement du Quintette avec piano de Schumann avec le Quatuor Takács String.

Au cours de sa carrière, Marc-André Hamelin a offert des prestations à titre de soliste avec les orchestres les plus renommés du monde. Parmi ceux-ci, le New York Philharmonic, le Boston Symphony Orchestra, le Philadelphia Orchestra, l’Orchestre symphonique de Montréal, le London Philharmonic, le Tonhalle Orchestra Zurich, le Berlin Radio Symphony Orchestra, le Singapore Symphony, le Melbourne Symphony et plusieurs autres en Amérique du Nord, en Europe et en Australie.

Marc-André Hamelin a récemment reçu le prix Lifetime Achievement aux German Record Critic’s Award (Preis der deutschen Schallplattenkritik). Il a été fait Officier de l'Ordre du Canada en 2003 et Chevalier de l'Ordre du Québec en 2004. Il est également un membre de la Société royale du Canada.

Notes analytiques
Par Claire-Émilie Calvert

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Ode funèbre en do mineur, K. 477 (1785)

Œuvre interprétée pour la première fois par l’OSTR.

Le 14 décembre 1784, Mozart joint la loge maçonnique de la « Bienfaisance », à Vienne et il est initié comme maître en un peu plus d’un an. Il compose alors l’Ode funèbre pour commémorer le décès de deux frères maçons et aristocrates viennois, le duc Georg August de Mecklenburg-Strelitz et le comte Franz Esterházy von Galántha. Naturellement, Mozart intègre plusieurs symboles maçonniques dans l’œuvre, notamment les tierces et sixtes parallèles. De plus, la tonalité de do mineur rappelle le « principe fondateur » et les trois bémols à la clef renforcent aussi l'importance des triades maçonniques. Cependant, la force spirituelle de l’œuvre réside ailleurs que dans la numérologie. En effet, Mozart articule son Ode autour d’un chant liturgique pascal célébrant la délivrance. Alternant cordes et vents en antiphonie, elle revêt effectivement le caractère funèbre de son titre. Néanmoins, l'Ode funèbre évolue vers le mode majeur, suggérant par le fait même une idée sereine de la mort, une vision consolatrice; la vie humaine n’ayant pour finalité que celle du corps, l’âme s’élevant doucement vers la lumière. 

Pour entendre Ode funèbre en do mineur, cliquez ici



Jacques Hétu (1938-2010)
Le tombeau de Nelligan, opus 52 (1992)

Œuvre interprétée pour la première fois par l’OSTR.

La poésie de Nelligan a touché Jacques Hétu dès son adolescence : en quittant le collège à 15 ans, le compositeur avait dans ses bagages l'esquisse d’un chœur sur le fameux Vaisseau d’or. Par la suite, Hétu mettra en musique plusieurs textes du poète, dont Les Clartés de la nuit (1972), Les Abîmes du rêve (1982) et Les Illusions fanées (1988). En 1991, pour le cinquantième anniversaire de la mort du poète, Hétu compose une œuvre orchestrale dédiée à Raffi Armenian, Le Tombeau de Nelligan.

Sur un des manuscrits autographes du Tombeau, on peut lire ces vers écrits par Nelligan alors qu’il était interné :

«Je sens voler en moi les oiseaux du génie,
mais j’ai tendu si mal mon piège qu’ils ont pris
dans l’azur cérébral leurs vols blancs, bruns et gris,
et que mon cœur brisé râle son agonie»

Loin de rendre un hommage cérébral à ce poète au destin tragique, Hétu compose une musique troublante, communiquant une profonde tristesse. Caractéristique des œuvres d’Hétu à cette époque, l’écriture est résolument moderne et dramatique, mais toujours limpide grâce, entre autres, à une orchestration expressive. Avec le temps, Hétu se rapproche de la sérénité : « Je veux célébrer la vie plutôt que la douleur ! », affirme-t-il, lors d’une entrevue en 2008. À la lumière de ces sages paroles, l’écoute du Tombeau nous fait espérer que l’on continue d'acclamer l’œuvre du grand musicien et qu’elle ne s’inscrive pas seulement dans notre patrimoine culturel, mais aussi dans le cœur du public.

Pour entendre Le Tombeau de Nelligan, cliquez  ici



Richard Wagner (1813-1883)
Parsifal - Enchantement du Vendredi saint (1878-82)

Œuvre interprétée pour la première fois par l’OSTR.

D’après l’autobiographie de Wagner, l’inspiration de son opéra Parsifal lui vint un matin du printemps 1852, plus précisément le Vendredi saint de cette année-là. Frappé par l'éclat de la nature, la glorieuse lumière printanière et les chants des oiseaux, Wagner se remémore le Parsifal de Wolfram von Eschenbach, un poète du 13e siècle qu'il a lu quelques années plus tôt. Les nobles possibilités offertes par le sujet, de même que sa thématique plus religieuse que mythologique, font écho à la beauté surnaturelle de cette sainte matinée. Pourtant, Wagner met l’idée de côté, mais il y reviendra après plus de vingt ans, pour son dernier opéra.

La scène de l'Enchantement du Vendredi saint a lieu au tout début du troisième acte. Parsifal retourne au temple du Graal après avoir reconquis la lance sacrée ayant blessé le Christ lors de la Passion sur la croix. Le chevalier Gurnemanz reconnait en Parsifal le sauveur innocent et pur annoncé par la prophétie chrétienne. Puis, Kundry, une tentatrice repentie, lave les pieds du chevalier rédempteur avant son entrée dans le temple du saint Graal. L’Enchantement du titre provient de la nature transfigurée, de la résurrection printanière qu’observe Parsifal.

Cette scène porte toute la force symbolique de l’opéra : dans ce « festival scénique sacré » (le sous-titre est de Wagner), la musique devient un rituel. Créé pour le tout nouveau Festspielhaus de Bayreuth, le 26 juillet 1882, Parsifal révèle un Wagner au sommet de son art.
 
Pour entendre Parsifal - Enchantement du Vendredi saint, cliquez ici



Ferruccio Busoni (1866-1924)
Concerto pour piano, opus 39, BV 247 (1904)

1. Prologo e Introito: Allegro, dolce e solenne
2. Pezzo giocoso 
3. Pezzo serioso
4. All'Italiana: Tarantella: Vivace; In un tempo
5. Cantico: Largamente

Œuvre interprétée pour la première fois par l’OSTR.

Couronnement du cheminement artistique d’un compositeur méconnu, le Concerto pour piano de Busoni prend peu à peu la place qui lui revient dans le répertoire et sur la scène, et ce, grâce à des interprètes chevronnés qui osent offrir au public une musique nouvelle et d’une beauté indéniable.

« C'est presque toujours l'orchestre qui semble être possédé par les idées du compositeur, et Busoni, assis au piano, écoute, commente, décore et rêve », écrit Edward Dent, le biographe du compositeur. Effectivement, le Concerto de Busoni intègre intimement le soliste à la trame orchestrale, tout en poussant l'écriture pianistique aux limites extrêmes de la virtuosité. Orchestrée avec brio, l’œuvre se développe en cinq mouvements d'envergure symphonique, dans un langage aussi sophistiqué qu’inventif.

L'orchestre entame un allegro éloquent, accueillant les accords massifs du piano après une longue introduction aux harmonies changeantes. Suit la « pièce joyeuse », diaboliquement virtuose, une sorte de scherzo italien auquel fera écho le quatrième mouvement, une vive tarentelle à la rythmique étourdissante. Telle la clef de voûte de ce concerto construit en forme d'arche, l’imposant troisième mouvement se divise en quatre sections méditatives, presque philosophiques, comme une « symphonie pianistique » à l’intérieur du concerto.

L'œuvre s'achève avec un remarquable « Cantico », qui fait réentendre plusieurs idées musicales des mouvements précédents, soutenues par une instrumentation colossale, dans une atmosphère mystérieuse et magique.

Composé avec une connaissance profonde des traditions et une conscience éclairée de la modernité, le Concerto de Busoni redéfinit le rôle du soliste avec brio, tout en synthétisant le cheminement et les aspirations d'un compositeur à découvrir.

Pour entendre le Concerto pour piano, cliquez  ici

 
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